Un très court métrage excellent !
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QUADRIMAMAN :
La vie ordinaire d’une quadruple maman quadragénaire
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Le
temps passe trop vite, c'est mon seul sujet de plainte, car à part les 5 minutes qui me manquent à chaque heure (!) je suis la plus heureuse des femmes. Petit Loup et Tchatchi
poussent à toute allure et progressent de même, ils ont une santé épatante et une joie de vivre constante.
Dans notre petite ville, ou plutôt dans notre quartier , nous avons des voisins géniaux. Au début ils ont trouvé notre démarche sympathique et ils étaient assez curieux ; mais peu à peu les garçons se sont "déluré" car ils sont très remuants et pas forcément obéissants et le voisinage s'est un peu "refroidi" car ces deux "zozios" sont plutôt bruyants et les rappeler à l'ordre quand ils "dépassent les bornes des limites" augmente encore le volume sonore. Il n'y a pas beaucoup d'enfants dans notre quartier, ils passent beaucoup de temps devant la télé ou la PS, forcèment c'est plus calme chez eux... Bref nous ne sommes pas devenus des parias, mais les gens ne nous sourient plus et recherchent moins notre compagnie !
Nous avons aussi retiré Tchatchi de l'école du quartier (soit disant sans problème mais où il a subi quelques gestes violents aggravés par la
négligence des instit), et le fait que nous soyons particulièrement exigents sur la qualité de l'encadrement est perçue comme une critique.
Bref, je crois que notre histoire "spéciale" nous met un peu à part quand même. Peut-être sommes nous devenus plus sensibles, je ne sais pas... Ce qui est sûr c'est que l'adoption fait de nous des gens différents, elle nous change et elle change le regard des autres...
Je considère que c'est une richesse, sans doute fait-elle des jaloux ?
Un ami, originaire d'Europe de l'Est, me parlait autrefois de la
désinformation qui était tellement évidente dans son pays, que beaucoup de ses concitoyens tournaient leur téléviseur vers la fenêtre au moment du JT...
aux petites erreurs par ci par là (tout le monde peut se
tromper)...
Tchatchi (8 ans) : "Maman, comment ils font à la télé pour faire
changer la longueur du jour ?"
Tilou (10 ans)
: "Mais non il va faire nuit plus longtemps le matin !"
Je croyais que la "journaliste" (est-ce le terme approprié ?)
allait se reprendre, et rectifier sa phrase... eh bien ! vous savez quoi ? je me trompais !!!
Nous avons choisi cette année une école hors contrat pour nos cadets. Elle est
ouverte depuis 2007, je crois, à l'initiative de parents avec le soutien actif du curé et même l'appui du maire.
Le cours est dirigé depuis septembre 2008 par une de nos amies.
L'école accueille un peu moins de 100 élèves de la Grande Section de Maternelle à la 5ème, 6h par jour, 4 jours par semaine.
Au début j'étais un peu effrayée par la distance (60km) à faire tous les jours aller et retour, les repas à préparer (pas de cantine), mais en fin de compte, l'entraide et le co-voiturage ont résolu le problème du transport et une solide organisation de l'intendance a dissipé l'inquiétude alimentaire !
Aujourd'hui, pour la première fois depuis 18 ans que Petit Coeur et moi sommes parents d'élèves, nous avons des enfants heureux d'aller à l'école, fiers de leur progression, qui se mettent aux devoirs sans rechigner et sans rappel, enthousiastes et joyeux pour leurs apprentissages...
La directrice donne de temps en temps un petit enseignement aux parents
et nous permet de prendre du recul afin de ne pas "plomber" l'ambiance familiale avec les problèmes scolaires... Elle est extrèmement exigente avec ses élèves (français, latin, théâtre en 6ème et
5ème, atelier d'écriture au primaire), mais avec beaucoup d'humour et les enfants ne sont jamais humiliés d'avoir été semoncés.
Tilou est en 6ème, le latin est sa discipline préférée, il est en tête de classe en français, lui qui n'en comprenait pas un mot il y a 4 ans et qui a réalisé en 3 ans tout le programme du primaire... Une de ses profs me disait justement il y a peu sa joie de voir si bien réussir un enfant pour qui tout n'a pas été facile, et qui devance souvent ses condisciples à qui tout est donné sur un plateau depuis leur naissance... Et c'est vrai, nous sommes très fiers de lui, et ce d'autant plus que nous avons choisi d'être exigents nous aussi.
Tchatchi est plus paresseux (et c'est vrai que c'est épuisant pour les parents), son
institutrice le mène avec doigté et il évolue doucement mais sûrement. Nous avons reçu récemment un complément d'information sur son passé, encore pire que ce que nous savions déjà. Autant dire
que nous marchons sur des oeufs avec cet enfant, sans pourtant vouloir l'élever dans du coton... A la manécanterie, il développe maîtrise et expression dans une bonne ambiance fraternelle
(rugueuse parfois, comme souvent entre garçons !)
Nous avons une connaissance relative des souffrances passées de nos gars, et nous avons décidé que celà ne nous donnait pas le droit de les "gâter" pour compenser... La tâche est rude et offre beaucoup de résistance. Nous sommes peu compris, même chez beaucoup de parents vraiments soucieux de bien éduquer leurs enfants, la comparaison est douloureuse et la remise en question fréquente. Pourtant il est facile de constater que nos fils sont joyeux et libres (sans préjugé ou crainte devant les autres) et jouissent d'une santé éclatante... et savent bien se tenir... !!!
Pendant que j'y suis, je finis le tour de la famille : Tilion qui a intégré Hydro
(école de la Marine Marchande) en septembre vient de terminer sa première "nav" (stage embarqué) sur un super pétrolier, entre la Corée du Sud et les Emirats Arabes et retour. Il n'est
toujours pas très causant, (çà fait très loup de mer solitaire... ça tombe bien !) mais la plupart des indices laissent à penser qu'il est heureux. Il est assistant dans une Troupe scoute et
initie les normands au rugby !
Titepoulette est assistante aussi, dans une Clairière (filles de 8 à 12 ans), s'occupe d'un petit garçon tous les jours après l'école et suit avec enthousiasme un stage en Grande Section et en CP dans l'école de ses petits frères. Côté études, elle s'apprête à laisser tomber le BTS qu'elle a entrepris cette année avec le CNED, mais sans savoir quoi faire l'an prochain. On pourrait penser qu'un métier tourné vers l'enfant l'attirerait, mais pas du tout, "elle connait ses limites". Autrement dit elle veut bien avoir affaire à des enfants de façon régulière mais non permanente et intensive ! J'essaie d'être détachée mais je rue intérieurement tant j'ai de mal à comprendre cette indécision. (Priez pour nous !)
Petit Coeur essaie de concilier travail et vie de famille en donnant à chacun sa
place, mais je trouve toujours que la famille n'a que la portion congrue ! Ceci dit il y a beaucoup de tensions (au boulot) et il se croit encore indispensable ou a peur de ne pas
l'être.
Pour ma part, j'ai changé d'emploi sans changer d'employeur, je suis devenue
infirmière "administrative" c'est à dire que je réalise toute la partie organisation et gestion de mon métier. J'ai regretté de quitter le contact étroit avec les personnes âgées, mais c'est
intéressant d'être à la source du soin et de participer à l'amélioration du service tout en développant d'autres talents et avec des horaires "taillés sur mesure".
Oups ! j'ai été beaucoup plus longue que je ne le voulais, mais je ne sais pas trop où "amputer" alors je vous le donne tel quel !!!
Oui, nous sommes faibles... c'est pour ça que
nous avons besoin les uns des autres pour nous soutenir dans nos périodes de fragilités...
Il peut être délicat de parler des parents "biologiques" de nos petits adoptés, les enfants posent des questions, racontent des souvenirs, se sentent quelques fois embarrassés
par un désir de loyauté à notre égard ou envers leurs premiers parents. Nous n'avons pas consacré un terme particulier à la désignation de leurs parents biologiques.
Ils ont tous deux de bons et heureux souvenirs de cette maman avec laquelle ils me
comparent quelquefois. (un geste commun les attendrit, ou s'ils se font gronder, bien sûr elle était plus gentille....)
Que personne n'aurait voulu qu'ils meurent, mais puisque c'est arrivé,
leurs parents d'Ethiopie sont sûrement heureux de voir qu'ils sont aujourd'hui à nouveau choyés, nourris, habillés et éduqués.
Ce petit témoignage correspond à une histoire particulière, il n'est sûrement pas un modèle, mais je crois que chaque parent peut avec une écoute délicate et
l'intelligence du coeur trouver le langage qui conviendra à l'enfant qui lui est confié...
Décidément nous ne vivons plus en chrétienté !!!
Aller à la messe le dimanche pourrait être considéré comme une psychose....
Le petit dialogue qui suit s'est réellement déroulé, la semaine passée, sur mon lieu de travail.
A : Je crains que S. ne fasse un délire mystique.
B : Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
A : Depuis sa dernière hospitalisation, elle va à la messe tous les dimanches.
C : Tu penses que tous les gens qui vont à la messe tous les dimanches sont en plein délire ?
Moi : Elle ne prétend pas être la Sainte Vierge, ni avoir des apparitions...
A : Non, mais j'ai l'impression que ça devient une obsession.
C'était jeudi, et figurez-vous que j'ai négocié mes horaires de travail de façon à
avoir une coupure de 2h, justement le jeudi, pour aller à la messe. Gloups, si ça se savait ! Un quart d'heure plus tard :
Moi : Les filles, il faut que je vous dise un secret, mais jurez-moi de ne pas en parler à A.
C : Promis. Alors ?
Moi : Ben, j'ai rendez-vous avec Jésus à midi cinq, vous croyez que je suis cinglée ?
B : Quoi ? Tu plaisantes ?
Moi : Non c'est vrai, mais je vous en supplie, n'appelez pas le SAMU, je veux pas être internée, pas avant de Le voir !
La possibilité de retrouver l'acte de baptême de nos enfants nés en Ethiopie ? Il ne
faut pas se faire trop d'illusions. Même en supposant que le baptême ait été retranscrit dans un registre (tout à fait incertain, sauf dans les grandes villes), il faudrait connaître 1) la
date (version éthiopienne), 2) la ville et l'église dans laquelle l'enfant a été baptisé. Ouh la la c'est mal parti ! Mais quelle heureuse insouciance sans toutes ces tracasseries administratives
!!!
En France, où l'on ne peut presque rien faire sans 36000 papiers et tampons (voir nos démêlés aux uns et aux autres avec CPAM, Mutuelle, CAF, préfectures, etc.), il faut produire une preuve du baptême pour la Première Communion, la Confirmation, le Mariage.
Mais comment faire alors ???
Heureusement l'Eglise est une bonne mère et comprend les besoins de ses enfants !
Elle permet donc de donner aux enfants dont on ne peut pas prouver le baptême un "baptême sous condition", c'est à dire qu'on baptise l'enfant en spécifiant "si tu n'est pas déjà baptisé je te baptise..." On donne ainsi une date et un lieu à un sacrement qui a peut-être déjà été administré ailleurs et ce ne sera pas un 2ème baptême.
Nous avons vécu le baptême sous condition de Petit Loup et Petit Poussin et cela a été une super fête. Ils ont assisté depuis leur arrivée à plusieurs baptêmes dans la famille et chez des amis. Ils ont participé à la préparation parce qu'ils y tenaient beaucoup, comme un rite qui reconnaît publiquement leur adhésion à notre famille.
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