De la soumission...

Une "dame voilée à la plage" suscitait il y a quelques jours une émotion féministement vertueuse à l'une de nos élues... Oh mon Dieu ! Quoi ! Dans notre bonne vieille République, Patrie des Droits de l'Homme, une femme exhibe le signe de sa soumission à son époux ! Shocking !

Est-ce vraiment plus choquant que les millions de femmes et jeunes filles françaises dûment émancipées, sous pilule, se promènent quasiment à poil, et pas seulement sur les plages, mais sur les allées marchandes de nos villes (au Sud) ? Elles se soumettent sans que personne y trouve à redire aux diktats de la mode, aux regards pas nécessairement indifférents des hommes. Combien d'entre elles se soumettent, (oh, pas au grand jour comme notre dame voilée) au désir de leur homme, qui, profitant de la contraception pour s'asservir sexuellement leur compagne, ne craignant plus "l'accident" d'une grossesse non désirée et leur imposant au besoin l'IVG. Des femmes, nombreuses, qui ont besoin d'amour, de tendresse, d'un compagnon de vie, sont prêtes à presque tout pour satisfaire l'homme et se le garder. Sont-elles libres ? libérées ?

Il faut bien quelque esprit éclairé, supérieur puisque laïque, pour y croire ! L'anecdote suivante, véridique, en témoigne. La laïcité dans notre "petit village" est ainsi pratiquée.

En plein Ramadan, une de nos villageoise célèbre son anniversaire, comme c'est l'usage elle apporte une appétissante patisserie confectionnée de ses blanches mains. Nous la partageons, les fidèles musulmanes s'abstiennent et embrassent la donatrice. Une jeune beurette pourtant prend une part, suscitant l'étonnement des autres. Très dégagée, elle explique qu'étant impure elle est, pour quelques jours, dispensée de ses obligations religieuses. Ce qu'entendant, deux esprits éclairés commencent à gloser : "comment au XXIeme siècle..." ; "arriérées" ; "condition féminine" et patati et patata... Le tout sur un ton de supériorité dédaigneuse, parfaitement méprisant. Oui, ces femmes qui ont eu recours à la contraception et à l'avortement pour garder leur mec se croient plus libérées des désirs masculins que celles que la foi incite à la pudeur et au respect d'une Loi religieuse certes contraignante. C'est risible !

Amis laïcs, détournez maintenant les yeux, car je vais citer la Bible et exprimer une opinion religieuse !

"Femmes, soyez soumises à vos maris", c'est dans la Bible, pas dans le Coran !

Ces mots ont déjà fait coulé beaucoup d'encre et de larmes, mais j'ai quand même envie d'y ajouter mon grain de sel. Presque chaque fois que je les entend, j'y découvre une nouveauté... Quelques fois les prédicateurs commentent ce texte, parfois ils sont excellents ! Souvent ils esquivent et j'aime autant ! Les interprétations les plus débiles que j'ai entendues sur ce passage viennent de machos laïcs qui se piquent d'exégèse après le mariage de leurs potes.

(traduction de la Bible des Peuples, Epître de Saint Paul aux Ephésiens, chapitre 5, versets 21 à 32)

"Que la crainte du Christ inspire votre soumission aux autres. C’est le cas des femmes : soumises à leurs maris comme au Seigneur. Maris, aimez vos femmes

Pour la femme, le mari est la tête, tout comme le Christ est la tête de l’Église, lui qui sauve le corps. Aussi l’Église est soumise au Christ, et de même les femmes le seront à leur mari, sans réserve.Vous, les maris, aimez vos femmes, tout comme le Christ a aimé l’Église et s’est sacrifié pour elle. (...) De même les maris doivent aimer leur femme comme leur propre corps : aimer sa femme, c’est s’aimer soi-même. Personne ne veut de mal à son propre corps, on le nourrit, on en prend soin, (...) Voilà comment l’homme laissera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux seront une seule chair. Il s’agit là d’un grand mystère, car je le vois dans le Christ et l’Église.33 Quant à vous, que chacun aime sa femme comme lui-même, et que la femme respecte son mari."

Quand j'étais ado, en plein dans les années 80 (au siècle dernier), à la grande époque de la Libération de la Femme (attention aux majuscules !) ça me faisait grincer des dents ! Je n'ai jamais vu chez ma mère un exemple de soumission à son mari... Puis j'ai entendu la suite : "Maris, aimez vos femmes" et j'ai commencé à penser que St Paul n'est pas, tel que des "progressistes" me le présentaient, un vieux chnoque misogyne. J'ai ensuite compris, grâce aux nombreux écrits de St Jean Paul II sur le sujet comment saint Paul relie l'amour conjugal à celui du Christ et de l'Eglise, comme une très haute ambition pour le mariage humain, et je me suis dit : "waouh ! sacrée vocation, j'avais pas saisi ça le 18 août 1986 !

De méditations en oraisons, chaque fois que l'Eglise nous propose ce texte, j'ai désiré en approfondir le sens, je me suis mise à vouloir profondément m'y conformer. Il ne m'est pas facile de me "mettre sous" mon mari, mais j'ai appris que paradoxalement cela me libère. En renonçant à faire autorité sur tout, je laisse mon conjoint exercer sa virilité sans violence, je suggère il décide, on désamorce les conflits de pouvoir. Cela permet à chacun d'être plus tendre, de prendre soin de l'autre... (Le mari de la dame voilée en lui adressant des signes de la main semble lui manifester son affection) L'amour d'un mari la chérissant est un vrai trésor pour l'épouse. Si toutes les femmes en couple (voilées ou pas) pouvaient connaître un tel amour, on cesserait de chipoter aux petites filles leur Liberté d'aimer le rose et à leurs mères de rester à la maison avec leurs petits, si elles veulent.

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