Pendant les Jeux Olympiques de 1912, à Stockholm, Pierre de Coubertin a dit que des jeux avec les femmes n’étaient pas intéressants et qu’ils étaient inesthétiques. « Le véritable héros olympique est l’homme. Les Jeux Olympiques doivent être réservés aux hommes. Le rôle des femmes est de mettre la couronne sur la tête des vainqueurs.» (!!!)

La condition de la femme a extraordinairement changé depuis un siècle. Son rôle de mère et d’éducatrice s’en est trouvé profondément modifié. Les progrès technologiques et les nouveaux modes de communication sont un défi pour la mère du XXIème siècle qui veut éduquer ses fils. Spécialement quand elle essaie de leur inculquer le respect pour les femmes.

Ils voient des femmes dévêtues vendre des voyages ou des sous-vêtements sur les affiches ; certaines de leurs camarades de classe exhibent leur nombril et leurs cuisses sans vergogne et publient des messages allumeurs sur les réseaux sociaux. Au JT ils assistent à l’irruption des Femen braillantes et dépenaillées à Notre Dame de Paris pour insulter leur Eglise et leur foi…

Rien de tel pour leur inspirer du respect pour nos congénères ! Ils ne sont pas loin de penser « toutes des p****, sauf ma mère. » Lorsque vient l’âge d’une saine curiosité à l’égard de l’autre sexe et de la sexualité, ils vont tout naturellement utiliser les moteurs de recherche pour se renseigner, ou bien les copains qui à l’aide de leur smartphone visionnent des scènes pornographiques. Une pudeur légitime les empêche d’en parler à leurs parents, surtout à leur mère.

Oui, même les garçons qui disent le chapelet en famille et font la leçon à leur sœur aînée quand elle met du rouge à lèvres. Ceux qui sont scouts, ceux que leurs parents inscrivent à des week-ends dédiés aux adolescents avec enseignements sur l’affectivité et les relations garçons-fille, la beauté de la chasteté et tout et tout, avec défilé de mode pudique.

Le contrôle parental que la maman vigilante a mis sur l’ordinateur familial la renseigne et … l’affole. Déjà ! Il va falloir en discuter ! Elle consulte son mari, il est bien embarrassé, on ne parlait pas de ça chez lui ! Elle consulte le Saint Esprit et respire un grand coup, pleine de sagesse et de force. Elle prend donc le taureau par les cornes et convoque un conciliabule : Père, fils (celui ou ceux qui sont potentiellement concernés) et mère.

Elle expose les faits (rapport du contrôle parental), son point de vue (le porno, c’est pas beau) et propose aux hommes de rester entre eux. Ils préfèrent qu’elle reste, soit, elle restera. Quelle position adopter ? La mère admettant qu’elle est compétente en sexualité ? L’épouse ne concevant tout exercice de la sexualité que dans le cadre du mariage ? L’ancienne jeune fille féministe réveillant son mépris pour les bas instincts masculins ? La croyante connaissant un peu la théologie du corps ? La femme expérimentée marche sur les œufs de toutes ces femmes en elle… Alors elle commence par se mettre à l’écoute de ses garçons à l’insatiable curiosité.

Ce qui est terrible, c’est de réaliser que le tout jeune homme est encore dans une sorte de fantasme de toute puissance : Il croit que les femmes dont les images circulent sur les vidéos sont libres, que la prostitution est un choix, qu’on ne peut jamais être forcée ; Il pense donc avoir le droit de mépriser ces femmes qui auraient librement choisi de vendre leur corps, puisqu’elles auraient délibérément fait un choix mauvais. Et que l’homme est moins coupable d’utiliser la femme qui se fait elle-même produit de consommation…

Ils parlent de la conscience que chacun possède et qui indique le bien et le mal… La mère dit à quel point la conscience peut être dévoyée par une éducation négligente et un système scolaire dont les valeurs sont anti-humaines. Qu’on a beaucoup de chance quand on a grandi auprès de parents qui ont cherché, douloureusement parfois, à transmettre les notions de justice, de vérité, de solidarité, d’attention à autrui, de protection du plus fragile… miséricorde…

Dans le fond, personne ne peut s’attribuer à soi seul le mérite de ses bonnes actions et de sa bonne conduite… à contrario, on ne peut pas non plus faire porter à quelqu’un la totale responsabilité de ses choix contestables. « On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille. On choisit pas non plus les trottoirs de Manille, de Paris ou d'Alger pour apprendre à marcher. Etre né quelque part, pour celui qui est né, c'est toujours un hasard. »

Mais sûrement faut-il avoir rencontré, accueilli et vécu beaucoup de détresses, d’humiliations, de pauvretés, pour arriver à porter un regard miséricordieux sur certaines situations. La sensibilité féminine prédispose sans doute à cet amour du plus faible. Peut-être est-ce une des missions de la femme, de la mère, «sentinelles de l'invisible» d’ouvrir les yeux et le cœur de son époux, de ses fils à cette fragilité : le désir d’être aimé peut se transformer en peur de ne pas être aimé, on peut alors plus ou moins consentir à être exploité et avili.

L’honneur de l’homme sera de refuser de se servir de cette faiblesse. La délicatesse de la mère aura à servir patiemment la réflexion de ses garçons, à prier car l’essentiel se fera invisiblement dans leur cœur par pure grâce, à louer pour chaque progrès accompli. En fin de compte elle sera récompensée par la joie d’avoir mis un homme au monde et oubliera les douleurs de l’enfantement.

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