Bonjour !

Nous 2'''Chers visiteurs, bienvenue !

De retour de vacances, déjà ! Les jours prochains, dans ces pages, nos derniers fous-rires en famille.

Réagissez, suggérez, commentez, revenez !!!

 

Parlez-en !

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Mes chéris

 

 












 










undefined

Qui donc ?

Quadrimaman, autrefois surnommée Poupette, est l'épouse comblée de Petit Coeur depuis plus de 20 ans.
Petite Poulette, Petit Lion, Petit Loup et Petit Poussin leur apportent beaucoup de joies et d'occupation !
Quadrimaman est aussi infirmière dans une EHPAD toute violette...
Et puis elle aime Jésus très très très fort...

Jeudi 9 juin 2005 4 09 /06 /Juin /2005 05:04

Par emelm

Jeudi

Les enfants se réveillent lors de l’escale à Francfort et mettent un peu d’animation dans l’avion.

Nous discutons avec nos voisins, beaucoup d’africains sont très touchés par cette démarche d’adoption, et nous témoignent de l’amitié et même de la reconnaissance. Un rwandais qui vient étudier en France me dit en pleurant : «Que Dieu vous bénisse, vous sauvez ces enfants qui n’ont plus rien à attendre de leur pays, car nous sommes trop pauvres pour les nourrir et les instruire, mais c’est dur de les voir partir !» Nous n’avions jamais envisagé l’adoption d’un point de vue humanitaire, ça me secoue pas mal ; il y a tant à faire et nous sommes si petits devant la misère du monde…

7h55 : Enfin, Paris ! Nous sommes pressés, pressés de rentrer dans notre « chez-nous », de commencer à vivre « normalement ». Je suis toute retournée de confier Enatnesh à sa maman et son papa et de retrouver dans leurs premiers regards échangés le bouleversement de la semaine dernière. Allez, vite, embrassons-nous et séparons-nous en nous souhaitant bonne route, avant de re-pleurer.

Nous avons encore beaucoup de route avant d’arriver à la maison, mais au moins la voiture, c’est notre premier lieu rien qu’à nous. Petit Loup et Tchatchi la trouvent très jolie, chaque nouveauté les enchante. Ils sont gais comme des pinsons, chantonnent en amharique, leurs petites voix sont la plus charmante musique que nous ayons jamais entendue.

Heureusement que nous avons appris le mot magique « shintubeth » (WC), nous pouvons nous arrêter aussi souvent qu’ils en en ont besoin.

Un incident m’a profondément émue Petit Loup a eu le mal de la route et son expression de désolation en voyant les dégâts m’a déchiré le cœur ; j’ai nettement vu dans son regard la confusion mêlée à la terreur d’avoir loupé un examen. Nous avons arrêté le plus vite possible la voiture pour le serrer dans nos bras, le consoler, le rassurer, l’embrasser, lui dire des mots tendres, le cajoler. Nous avons ensuite fait disparaître de notre mieux les traces de sa honte. Heureusement, j’avais des vêtements de rechange pour tout le monde dans le coffre et  nous ne nous étions pas encore changés. Nous avons trouvé des sacs que nous avons placés à sa portée en lui montrant comment s’en servir, nous lui avons appris « mal au ventre » et « vomir », et en rassurant à nouveau nos deux petits trésors, en plaisantant nous sommes repartis. Une halte dans une pharmacie m’a permis d’acheter la sensationnelle « cocculine » à laquelle j’aurais du penser plus tôt. Elle a beaucoup servi depuis.

Après un détour involontaire par Versailles, « n » pauses-pipi, un nombre incalculable de motos nous dépassant en  arrachant des cris de ravissement à nos deux vrais petits mecs, deux repas légers et quelques heures de route, nous voici devant la maison.

Petite Poulette et Petit Lion nous guettaient, ils sortent en courant et ouvrent les bras à leurs nouveaux petits frères qui n’hésitent pas à s’y jeter, chacun essayant de prononcer le prénom des autres.

gros-bisou.jpg C’est trop, c’est trop, nous rentrons vite et refermons enfin la porte de notre « home, sweet home » pour la plus phénoménale fricassée de museaux de l’Histoire du Bisou.

 

 

 

Mercredi 8 juin 2005 3 08 /06 /Juin /2005 05:01

Par emelm

Mercredi

           Et voilà, notre séjour se termine. Ce soir nous reprenons l’avion pour notre pays, nous allons retrouver notre environnement, notre famille, nos amis, mais ce ne sera plus jamais l’ancienne vie ! Nos enfants eux vont vivre un arrachement, même si leur part d’insouciance juvénile, leur excitation de vivre ce grand voyage et la joie d’avoir à nouveau un papa et une maman peuvent les aider et anesthésier en quelque sorte leur douleur.

Nous faisons nos sacs, plus légers de tout ce que nous laissons (jouets, pharmacie…) plus lourds de ce que nous ramenons (souvenirs, amitiés.. ) Deux d’entre nous ont été délégués pour faire les courses de tout le groupe, c’est à nouveau assez « chaud » en ville. Ils vont nous ramener du café, du carcadet, ce qu’ils pourront trouver comme produit locaux à la superette ou Yob les a conduit, et surtout les ingrédients du goûter que les parents offrent traditionnellement aux enfants de la Petite Maison le jour du départ.

img003.jpg L’après midi arrive, ce dernier après midi… Les enfants ont revêtu des costumes traditionnels, ils sont tous plus beaux les uns que les autres. Ils dansent sur de la musique éthiopienne, une danse très saccadée au niveau de la tête et des épaules, les mains aux côtés. Ils se régalent de biscuits et de sodas.

Nous en profitons pour offrir aux mamas et aux gardiens leurs cadeaux. A la maison des parents, nous l’avons déjà fait après le déjeuner, pour les 5 femmes qui se sont si bien occupé de nous. Ce fut un moment très joyeux et profondément émouvant. Là, nous sommes plus intimidés, nous sommes en minorité, tout le monde nous regarde. Une tournée de bisous rend le cérémonial plus léger. Quand la nuit arrive, nous sommes toujours là, nos enfants ont mangé, sur une petite table à part. Ceux qui restent vont se mettre en pyjama, les notres sont toujours en costume de fête. Ils embrassent leurs amis, nous embrassons tous les enfants qui viennent à nous et se pendent à notre cou. L’émotion est à son comble ;  nous pleurons tous, grands et petits, français et éthiopiens, hommes et femmes.

Il faut pourtant bien nous séparer, nous pensions emmener les enfants à ce moment, mais non, nous rentrons dîner et ils nous rejoindrons plus tard.

Nous avons rencontré des tas d'enfants tous plus attachants les uns que les autres et en rentrant, dans les semaines à venir nous aurons peut-être la joie d'apprendre qu'ils sont attribués à Untel ou Untel et de se dire : "Ces petits que nous avons quittés le coeur serré, vont bientôt connaître le même bonheur que les notres, et ces nouveaux parents seront assaillis par ce déferlement d'émotions intenses qui nous a étreint il y a quelque semaines."

Pendant notre dernier repas à Addis, nos petitous arrivent avec 4 mamas, ils sont dans leurs vêtements de tous les jours. Ils découvrent avec ravissement les paquets d’habits marqués à leur nom, préparés par les mamas, comme une dernière surprise pour ces enfants qu’elles ont choyés pendant quelques mois. Je comprend pourquoi il ne nous fallait pas emmener nous même des vêtements pour eux, et puis nous aurions eu bien du mal à estimer la bonne taille. Ces habits sont donnés par des parents qui ont adopté avec ERM, ils sont neufs ou presque, en très bon état, y compris des chaussures de très bonne qualité. Les mamas ont de la fierté à les faire beaux pour leur départ. Encore des larmes pour tout le monde quand elles nous quittent et nous laissent à notre grande aventure avec nos petits, plus d’interprètes, plus d’intermédiaires, rien que eux et nous….

19h30 Trois papas partent avec Jop pour faire enregistrer tous nos bagages à l’aéroport, afin que les femmes et les enfants restent « au chaud » le plus longtemps possible. En fait, il y a encore quelques échauffourées, et même si nos bagages étaient endommagés ou perdus… les enfants seraient à l’abri, protégés de ces histoires de grands. En partant plus tard, il y aussi plus de chances que beaucoup de manifestants soient rentrés chez eux  et que nous circulions plus facilement.

21h00 Emus, fatigués, excités nous embarquons enfin avec Assefa, pour l’aéroport… une dizaine de minutes plus tard, un pneu crève, il ne manquait plus que cela ! Et là, à 20 minutes de l’aéroport, dans une grande avenue déserte, nous n’en menons pas large. Quelques passants manifestement éméchés ou pleins de khat nous regardent un peu de travers. Nous avons soudain conscience que le portable est une invention merveilleuse : Assefa a appelé Jop, qui arrive très vite de l’aéroport avec le minibus qui avait emmenés maris et bagages. Ouf ! Vive la technologie !

L’aéroport d’Addis Abeba est magnifique, une merveille architecturale, même s’il comporte assez peu d’équipements. En tout cas les WC sont grandioses, vastes, modernes,  très propres, Petit Loup et Tchatchi s’extasient devant les chasses d’eau automatiques …

Dernières démarches, enregistrement, embarquement, et c’est parti

Les enfants sont bien fatigués et après un souper léger, ne tardent pas à s’endormir, le personnel est aux petits soins, j’ai déjà dit qu’Ethiopian Air Line est super. Ils nous aident à installer nos petits, ils ont presque tous 2 sièges pour s’allonger comme sur une banquette, une jolie couverture de laine, que Petit Coeur demandera à garder en souvenir.

 

Mardi 7 juin 2005 2 07 /06 /Juin /2005 05:58

Par emelm

Mardi

 Le calme est presque revenu en ville, mais certains quartiers ne sont pas assez sûrs pour que nos hôtes nous laissent y faire des emplettes. Ce n’est pas bien grave !

Nous avons ainsi pu passer la matinée entière avec nos 12 enfants « at home ». Nous avons regardé ensemble le film de notre séjour. Il y a beaucoup de rires, chaque fois que l’un des enfants se reconnaît. Ils ont aussi aimé voir les paysages et villages de France.

Nous avons à nouveau passé l’après midi à la maison des parents, ils ont bien joué à faire des bulles et colorier, exploré la chambre de leurs parents. Enatnesh était toute contente, je lui ai donné un cahier de dessin avec son nom écrit dessus, et je lui ai dessiné sa nouvelle famille. Elle a beaucoup aimé aussi que je trace le contour de sa main, elle l’a coloriée avec beaucoup de couleurs, des bagues et du vernis à ongles de toutes les couleurs !

Bon, ça fait drôle de se dire que les enfants vont quitter dans 24h tout ce qu’ils ont connu jusqu’à présent, alors que nous, les parents allons juste retrouver notre univers habituel après une petite parenthèse de quelques jours dans un autre monde. Il est vrai que nous sommes tous bouleversés par cette expérience et que ce qui nous paraissait aller de soi il y a 8 jours, nous ne pourrons plus le regarder comme avant.

Lundi 6 juin 2005 1 06 /06 /Juin /2005 06:55

Par emelm

Lundi

           

            Tout d’abord nous avons été un peu déçus ce matin de ne pouvoir aller au marché ce matin. Il y a de l’agitation, des émeutes en ville (apparemment les récentes élections n’ont pas les effets attendus). Bon, nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur, de toute façon, nous avons eu un malade en fin de nuit, à qui un peu de repos ne ferait pas de mal.

En contre partie, et ça c’est vraiment génial, nous allons voir nos enfants et même, -joie et surprise inespérées !- nous avons obtenus l’autorisation de les emmener avec nous, dans notre petite maison ! Ils étaient heureux ! Et nous avons beaucoup apprécié d’être tout à eux, sans les autres enfants autour, qui réclament qui un ballon, qui un mouchoir, qui un bisou !

Les pauvres chéris auront aussi cette joie dans quelques semaines, mais pour les notres, ce temps privilégié est précieux en qualité de relation personnelle avec leurs nouveaux parents encore inconnus. Ce n’est pas si facile avec une autre langue. Nous leur avons donné des jeux et des petites bricoles rien que pour eux, ils ont préféré les laisser dans nos chambres pour ne pas exciter la convoitise de leurs petits camarades restés à la « Petite Maison ».

Il nous a fallu, bien à contre cœur, c’est trop court !, les y ramener pour le déjeuner.

Nous avions rendez-vous avec Monsieur l’Ambassadeur de France en Ethiopie et le Consul pour déjeuner… mais, mais, mais ces émeutes d’étudiants les ont amenés à se replier en sécurité suite à des jets de pierre au passage de leurs voitures. Nous avons reçu l’attachée d’ambassade chargée des visas et son adjoint, éthiopien, avec qui il lui est plus facile de se déplacer. Assefa était un peu déçu, il nous avait bien briefé la veille sur toutes les activités d’ERM et ARM en Ethiopie, nous étions censés être les ambassadeurs de ERM auprès de l’Ambassadeur. Elle nous a beaucoup parlé de son travail, des visas d’adoption et du fonctionnement des OAA en Ethiopie. Elle a parlé d’un orphelinat qui « monopolise » l’adoption avec 5 OAA françaises et en tire de substantiels bénéfices, au détriment d’orphelinats issus d’initiatives privées qui survivent à peine dans une grande misère. Elle apprécie de travailler avec ERM qui fait venir la plus grande partie des parents sur place et leur permet ainsi de mieux prendre en considération l’origine des enfants.

L’après-midi, les enfants sont revenus avec nous, cette fois, c’est bien sûr, ils ont bien compris que nous sommes leurs papas et mamans rien qu’à eux, puisque les autres restent à la « Petite Maison ». Ils ont colorié, très soigneusement et joué au ballon. Enitewow et Yizengaw se sont beaucoup amusés de l’empreinte de leurs pieds que j’ai dessinées pour l’achat des chaussures au retour.

Enatnesh, la toute discrète, a parfaitement compris que nous ne sommes pas ses parents, mais qu’elle vient bien en France avec nous. Elle est très souriante depuis que nous venons à la maison des parents avec eux. J’espère que ce ne sera pas trop dur à Roissy. Je ne la sollicite pas trop, sans mettre une distance, elle vient beaucoup pour les câlins et je l’accueille de tout mon cœur.

Aujourd’hui, les émeutes ont duré toute la journée, mais nous sommes très protégés. Le courant a été coupé dans toute la ville pour inciter les manifestants à se calmer. Les enfants ont du rentrer plus tôt pour dîner tant qu’il faisait jour et notre dîner aussi à été avancé. Nous avons ensuite devisé aux chandelles, joyeusement et gravement tour à tour. Notre groupe est fort sympathique, nous parlons et plaisantons beaucoup ensemble. Nous pouvons aussi échanger sur nos expériences de parents et nos vues sur l’éducation en général, nous réconforter mutuellement si un enfant nous donne du souci (refuse le contact, paraît triste, difficulté à se comprendre mutuellement…) On ne peut attendre que peu d’aide de ce point de vue de la part des mamas, car ça leur paraît étrange de tenir compte des sentiments et états d’âme des enfants. Deux d’entre nous sont venus sans leur conjoint, c’est aussi un peu plus dur pour eux.

Dimanche 5 juin 2005 7 05 /06 /Juin /2005 06:53

Par emelm

Dimanche

 

    Ce matin, nous sommes allés à la Messe à l’église du Saint Sauveur, en anglais. Nous avons mieux compris sans doute que si nous avions participé à l’office précédent, en amharique, mais c’était figé « so british » ! Arrivés avec un peu d’avance, nous avions entendu la fin de la messe éthiopienne, très animée et chantée dans le genre renouveau africain. A l’issue, nous avons discuté avec un Français assez âgé qui vit en Ethiopie depuis 1964. Le monde étant tout petit, il se trouve qu’il est du même coin que l’un des parents du groupe ! Il s’est marié avec une éthiopienne et leurs trois enfants, adultes aujourd’hui, ont fait leurs études supérieures en France.
Nous passons la fin de la matinée avec nos enfants. Je constate à nouveau combien Enitewow aime que l’on prenne du temps pour jouer avec lui tout seul, « les moments de qualité » est son langage de l’amour préféré. Yizengaw se love dans nos bras et donne autant de bisous qu’il en reçoit, autant avec Petit Coeur qu’avec moi. Il se cale sur nos genoux et de cette position (« imprenable » !) il observe alentour, suit les activités des autres, sourit, et redemande un baiser ! Très certainement, son langage de l’amour préféré, à lui, est « les gestes de tendresse ». Quant à leurs tempéraments (selon RMM) ils semblent aussi « bons »  que « généreux ». Peut-être Enitewow est-il davantage « généreux » et Yizengaw plutôt « bon » ?En ce qui concerne leur défaut d’être, je me demande si Enitewow est « jaloux » ou « violent » et si Yizengaw est plutôt « paresseux » que « violent » … à voir… 

            A midi, nous découvrons le plat national l’Injera. Tout d’abord nos enfants nous ont fait goûter de leur déjeuner. Une fois à table, servis, le benedicite dit, ils nous ont fait signe d’approcher, et prenant un morceau de galette trempée dans la sauce, ils nous l’ont enfournée en bouche. Ils étaient fiers ! Nous les avons remerciés en amharique « amessé guenallo ».

Nous avions le même menu à la maison des parents.

L’injera est donc une sorte de crêpe de teff (céréale locale) dont la pâte est laissée à fermenter pendant quelques jours avant la cuisson. Les mamas avaient cuisiné 4 sortes de sauces pour l’accompagner, deux piquantes et deux douces pour nos palais occidentaux. Il y a beaucoup d’oignons, c’est très parfumé, j’ai beaucoup aimé la saveur aigrelette de l’injera et sa consistance très souple, presque spongieuse.  Il faut déchirer de larges bandes de galette, en tapisser son assiette, verser de la sauce par-dessus. Ensuite on prend des morceaux d’injera sur le bord et on les trempe dans la sauce, mmmmhhhhhhhhh ! Quartiers de fruits au dessert, oranges (elles sont vertes mais très douces), papayes, ananas, bananes… Suivis du café (Bunna) qui est délicieux et donne lieu à un très beau rituel d’hospitalité.

Après un petit moment calme au frais, sous les grands parasols du jardin, nous retournons à la « Petite Maison ». Assefa est venu avec les dossiers des enfants, Enitewow et Yizengaw ont de belles dates de naissance, celles que je souhaitais, 8 décembre (Notre Dame de La Prière) et 13 mai (Notre Dame du Rosaire). Assefa a répondu très patiemment à toutes nos questions sur l’origine et le passé de nos petits. C’est ainsi que nous avons appris avec un grand désarroi que l’un de nos petits a été placé comme domestique (esclave même) et qu’il a été très difficile de le récupérer (racheter). Mon cœur s’est serré et j’en reste blessée encore aujourd’hui. Avant que cet enfant puisse exprimer puis oublier cette souffrance, les mots nous manqueront pour nous comprendre, il nous faudra veiller à ce que les petits services que nous demandons aux enfants ne soient pas perçus comme une nouvelle servitude. Il faudra faire les choses avec lui, j’ai peur qu’il croie qu’il vient en France pour servir. Le passé de nos enfants, toute leur histoire est comme une sorte de  momie, bien emmaillotée, qu’il nous faudra découvrir au fur et à mesure qu’il en déferont les nœuds , sans trop y toucher de peur de briser quelque chose.    

Samedi 4 juin 2005 6 04 /06 /Juin /2005 05:48

Par emelm

 A la Banque Nationale d’Ethiopie, nous avons pu changer nos euros pour des birrs (un birr vaut environ 0,10 €) la commission de change est dérisoire (1€ quelque soit le montant changé). La banque est en face d’une Ambassade dont tout le mur d’enceinte est recouvert d’une fresque toute récente (2004) d’un style naïf exaltant la paix et l’amitié entre les peuples.

Le Musée d’Histoire Ethiopienne a été réalisé dans l’ancien Palais Impérial bâti par Hailé Selassié. C’est un très bel édifice et son contenu est très riche sur l’histoire dynastique, les rois et empereurs successifs, toute la (les) culture éthiopienne dans ses différentes régions, les us et coutumes attachés à chaque âge de la vie, l’art pictural et musical. Splendide. L’art religieux est très présent. La plupart des œuvres présentées nous montre Marie et Jésus entourés des Saints Archanges Michel et Gabriel, dont les ailes forment un dais au dessus de la Vierge et du Christ. On voit aussi beaucoup St Georges.

 madone ethiopienneCertaines images sont très naïves, d’autres plus sophistiquées ont une certaine similitude avec des œuvres médiévales européennes (comme les illustration de livres d’heures, ou certaines Nativités florentines) d’autres me font penser à des images japonaises, d’autres encore aux icônes orthodoxes (donc orientales). Beaucoup sont sur bois peint, quelques toiles ou plutôt tapisseries vu leurs dimensions.

 J’ai été impressionnée par le très vieux majordome du Négus qui continue à vivre dans sa chambre, dont il est le gardien jaloux, c’est lui qui nous la fait visiter, ainsi que le dressing (aussi grand que ma salle de séjour !) ou se trouve encore un miroir en pied portant un impact de balle, souvenir d’un attentat auquel l’empereur a échappé de peu, et la salle de bain, marbre et décor céladon « avec tout le confort moderne » mais bien vieilli.

En sortant du musée, nous avons eu droit à notre première averse, c’est le début de la saison des pluies, je ne regrette pas de m’être encombrée d’une « petite laine » et d’un imper !

            Notre étape suivante nous conduit à l’Eglise Catholique du Saint Sauveur pour récupérer les horaires de messe : 9H00 messe en amharique, 10H00 messe en anglais. Nous optons pour la grasse matinée et la messe que nous avons quelque chance de comprendre à peu près.

Puis à la Poste, nous pouvons téléphoner en France (~ 2€/minutes). La pluie continue et de nombreux enfants viennent s’agglutiner à la voiture où nous attendons ceux qui téléphonent encore. Ils mendient quelques pièces, misérablement vêtus de haillons, mal chaussés, beaucoup pieds nus, morveux, creusés, pâles ; des fillettes portent des bébés ; certains accompagnent des infirmes ; Un homme passe, une jambe amputée au genou, il se déplace sur « trois pattes » ; deux simples cannes auraient fait de lui un homme debout… Pourquoi cette misère ? Ce pays était une terre de cocagne il y a 2 ou 3 siècles encore.

Il y a une classe aisée et cultivée, pourquoi ne se lève t’il pas, sur cette terre à 50% peuplée de disciples du Christ, des Vincent de Paul, des Frédéric Ozanam, des Camille de Lellis, des Mère Térésa…pour laver et panser le Corps du Christ humilié et couvert de crachats ? Nous avons le cœur serré, notre propre impuissance est douloureuse. La plupart d’entre nous, les femmes, nous pleurons.

            Il est temps de rentrer, les mamas vont nous attendre. La pluie a enfin cessé. Les rues sont bigarrées avec toutes ces échoppes offrant aux regards leurs étalages de fruits colorés, les femmes portent presque toutes une longue étole de couleur sur les cheveux et les épaules. Ces messieurs tiennent  à goûter à la bière locale que l’on nous vantée au musée, nous faisons donc une dernière pause au « bistrot du coin ». Ils n’en finissent pas d’essayer de comprendre qu’il faut donner 100 birrs pour la consigne (qui seront rendus quand on rendra les bouteilles) et 66 birrs pour 24 bières. Nous remarquons alors des hommes et des femmes revêtus d’une sorte de tabliers rouge qui arpentent le trottoir : ce sont les « hommes- parcmètres », ils surveillent environ 10 ou 15 mètres de chaussée, gardent les voitures, en éloignent les curieux, et récoltent la taxe de parking au retour du conducteur (~ 0,20 birrs le ¼ d’heure)

            Dans l’après-midi, enfin, nous sommes retournés voir nos enfants. La pluie du matin a un peu rafraîchi l’air, il fait bon. Nous nous sommes réjouis de regarder les enfants danser  quelques rondes, une farandole, un jeu qui ressemble au « facteur » et nous avons bien joué avec eux. Ensuite nous les avons bien fait rire en faisant « la chenille » et « la danse des canards »

            thomas---enitewow.jpg Je continue de découvrir nos fils, Enitewow est plus réservé, un peu comme Petit Lion. (Il aime bien les câlins mais il ne faut pas trop le montrer, pas afficher trop d’affection pour sa maman, les grands garçons ont leur fierté !)

Il est venu me chercher pour jouer au ballon et nous avons eu un long moment privilégié. J’étais bien crevée, mais je crois que c’est de cette façon qu’il me demandait de lui consacrer toute mon attention. Peut-être est-ce pour lui un « langage de l’amour »  plus approprié que bisous et câlins.

Vendredi 3 juin 2005 5 03 /06 /Juin /2005 05:20

Par emelm

Addis Abeba, vendredi .

 

 

 Après un long, long, long voyage depuis la maison, en passant par Roissy et Francfort, nous voici donc arrivés. C’est bien la première fois que nous faisons un si grand trajet pour « aller à la Maternité » !

Quelques péripéties à l’arrivée sont venues conclure un périple sans encombre. Ethiopian Air Line mérite ¤¤¤¤¤ ! En classe économique nous avons été traités comme en Première sur d’autres compagnies. Comme l’avion avait un peu d’avance, nous avons du survoler Addis Abeba pendant environ 40 minutes (trois petits tours) car au sol, la piste n’était pas éclairée, et il fallait bien sûr attendre qu’elle soit prête à nous accueillir ! Ensuite, il y a eu une assez longue attente pour récupérer nos bagages (j’ai contribué par mon étourderie à prolonger la veille de tout le monde en cherchant en vain une valise beige, et pour cause, il s’agissait en fait d’une valise bleue !) et la crainte de ne pas franchir la douane avec nos 8 ordinateurs. nullHeureusement la présence d’Assefa et la pratique de Petit Coeur de l’anglais et des « civilités » aéroportuaires ont abrégé les formalités, remises à lundi.  Ouf ! Un trajet d’un quart d’heure environ nous emmène ensuite à notre logement.

La « Maison des Parents » comporte deux jolies petites maisons de plain-pied, dans une même cour fermée, entourée d’un mur, avec un joli jardin. Celui-ci est bien soigné, rosiers, fuschias, géraniums, filao l’égayent, il y a une pelouse « à l’anglaise », dans un autre coin quelques plantes potagères, de très beaux plants de tomates entre autres. Les deux petites maisons sont très bien arrangées, avec goût et confort.  Dans la principale il y a 3 chambres doubles, une salle de bains (WC à l'intérieur), la cuisine, la salle à manger salle de séjour, la deuxième comporte 3 chambres (dont au moins 1 double, les deux autres je ne sais pas) avec leur propre salle d'eau chacune. La literie est fournie, impeccable, le linge de toilette est à apporter par chacun.

Je me suis endormie hier soir avec quelques aboiements, ce matin réveil au chant du coq et… mais oui ! C’est un éclat de rire d’enfant ! C’est bien réel, nous y sommes, nos enfants sont juste à côté, de l’autre côté de la rue !

Vers  8h, Lyia (directrice de la "Petite Maison") nous emmène (à jeun) à la "petite maison" (2minutes à pieds) quand nous avons passé le portail de fer, bien gardé par Awaka, très souriant, nous avons à notre gauche dans la cour les tables où les enfants sont installés pour le petit déjeuner ; nous essayons le coeur battant d'identifier les notres et eux de leur côté en font autant.
Moment magique où nos regards se sont trouvés pour la toute première fois ! Ils nous sourient.
Plus tard les enfants nous ont dit qu’ils nous avaient reconnus tout de suite d’après les photos de leurs albums, et qu’ils nous avaient trouvés beaux (« Papa beau très très ; Maman jolie beaucoup » !!!!) Nous faisons le tour de tous les enfants pour les embrasser chacun à son tour, mais ensuite il faut les laisser manger. Patientons quelques 5-10 minutes interminables pour qu'ils finissent leur petit déjeuner et ils auront la permission de se lever et de venir vers nous... là nous savons quoi faire !!!! 

Vers 9h il faut déjà les quitter pour aller déjeuner nous même, c’est vrai que les émotions ça creuse ;  Mais nous avons vite fait. Jamais je n'ai avalé mon café aussi rapidement ni brossé mes dents aussi sommairement ! Car juste après on y retourne !

Nous allons faire plus ample connaissance. Ils sont beaux, très beaux. Ils sourient de toutes leurs dents et nous voyons que notre Enitewow a déjà 6 petites dents de loup remplaçant ses dents de laits.
Mon petit Yizengaw est très câlin et demande beaucoup les bras, son visage est rond avec un joli front bombé, son sourire dévoile une jolie rangée de petites perles blanches bien alignées. Il est menu mais cependant musclé et tout en rond, il ressemble à ma Tite Poulette ! Enitewow, mon grand garçon, est plus méfiant, se laisse approcher et embrasser, mais moins spontanément, il est plus allongé, et sa réserve le fait aussi ressembler à notre Tilion. Peut-être se pose t’il plus de questions ?

Assefa a pris le temps de nous expliquer la signification de chaque prénom, j’en suis très heureuse, nous comprenons mieux leur histoire, malgré le peu d’information sur leur passé. Enitewow et Yizengaw sont des prénoms uniques, car ils sont une évocation des circonstances, lieu, date et histoire de leur famille au moment de leur naissance.

Enitewow pourrait ainsi signifier « l’enfant qui permet d’oublier » (des difficultés passées, peut-être était-ce une fille qui était attendue et c’est un garçon qui est venu ?) C’est la vie venant de Dieu qui permet de quitter les épreuves précédentes. « Dieu l’a voulu ainsi » ou « Vivre pour quitter »

Le prénom Yizengaw dit qu’il faut laisser faire la vie : « Laisse Dieu guider ta vie » ou « Vivre pour oublier »

Yizengaw passe beaucoup de temps dans mes bras, sur les genoux, ou le dos de Petit Coeur,  Enitewow est plus indépendant. 
Petit Coeur est merveilleusement tendre avec eux. Déjà, ils nous testent : par exemple l’un vient vérifier que la petite voiture qu’il a glissée dans la poche de Petit Coeur est toujours là, qu’il ne l’a pas donnée à un autre enfant (ils ne possèdent aucun jouet personnellement, tout est à la collectivité). Ils nous cherchent du regard quand ils vont à table (tu es toujours là ? regarde-moi) Ils sont très sages, posés, silencieux et obéissants.

Demain nous ne les verrons que l’après-midi, il y a des visites au programme de la matinée (banque pour le change, musée, ville, chercher une information sur les horaires de messe pour Dimanche).

Il est10H40 PM heure locale soit 16H40 heure éthiopienne (le compte des heures se fait à partir du lever du soleil soit 06H00 AM) 21H40 heure française, nous sommes fourbus après cette journée riche d’émotions (et une nuit plutôt courte)

Mercredi 1 juin 2005 3 01 /06 /Juin /2005 22:21

Par ELM
logo.gif http://www.boosterblog.com
Mercredi 11 mai 2005 3 11 /05 /Mai /2005 00:29

Par ELM

salomon-balkis-r1.jpgEt dire que la reine de Saba, aïeule de nos petites princesses et de nos petits princes d'Ethiopie, était en son temps considérée comme la plus belle femme du monde !!!

 

Elle a quand même mis le roi le plus puissant et le plus sage de a terre à ses genoux !

 

Voilà une belle histoire pour nos petits qui veulent être roses comme nous !

 

Les garçons passent par là aussi, j'en ai fait deux petits récits :

 

http://quadrimaman. over-blog. com/article- 2877820.html

 

http://quadrimaman. over-blog. com/article- 4667292.html

 

  

 

roi_salomon.jpgCa leur a passé et ça revient de temps en temps...

 

 

 

Vous ai-je déjà raconté que Tchatchi a dessiné un jour une maman marron avec un bébé dans son ventre ?

 

Je lui demande : "Cest toi, Tchatchi, dans la ventre de Maman Banchayehu ?"

 

reine_makeda.jpgUn peu vexé, il rétorque : "Mais, non, c'est toi Maman, avec moi dans ton ventre. Regarde, j'ai fait tes yeux bleus !"

 

 

 

La couleur marron a un grand avantage : elle ne rougit pas en cas de timidité, cette réaction  cutanée les fait beaucoup rire, mes deux petits coquins !

 

 

 

Lundi 9 mai 2005 1 09 /05 /Mai /2005 20:26

Par ELM

«Toutes les heures, 1200 enfants meurent de faim»
« Une tragédie qui interpelle la conscience du monde »
Rapport des Nations Unies sur le développement humain : « Toutes les heures, 1200 enfants meurent de faim ».
hungerLa pauvreté tue chaque heure dans le monde 1200 enfants. Le fossé entre riches et pauvres se creuse. Les 500 personnes les plus riches gagnent plus ensemble que les 416 millions de personnes les plus pauvres du globe. Des disparités inacceptables alors que le monde accuse du retard sur les « objectifs du millénaire » fixés pour 2015 et prévoyant à l'origine la diminution 50 % de la pauvreté.
Ainsi d'ici dix ans, 827 millions de personnes tomberont encore dans un état de pauvreté extrême. Les objectifs ne seront pas atteints non plus pour ce qui est de la réduction de la mortalité des enfants et de leur instruction.
Depuis 1990, plus de 130 millions de personnes sont sorties de la pauvreté extrême, en 18 pays, la situation a empiré et 10 millions d'enfants meurent chaque année pour des causes évitables.
lafaimdanslemonde1 1171139376Au moins 2,5 milliards de personnes vivent encore avec moins de 2 dollars par jour, et 115 millions d'enfants ne vont pas à l'école.
Parmi eux, seulement 30 millions ont accès à une instruction ces dernières années. L'eau potable est un bien très précieux : mais plus d'un milliard de personnes n'en disposent pas. Et 2,6 milliards n'ont pas de service sanitaire.
Le rapport propose la clôture d'un calendrier pour arriver à des aides de la part des pays riches égal à 0,07 % du PIB d'ici 2015. Le rapport indique que certains pays riches sont parmi les donneurs les moins généreux. Sur le commerce, l'ONU condamne des taxes iniques aux dépens des pays pauvres. Parmi les obstacles principaux à la lutte contre la misère, le rapport dénonce les conflits armés. Le développement des pays pauvres dit le texte, est la clef de la bataille pour la paix globale et la sécurité.mesli faim dans le mondelait

Jeudi 11 février 1999 4 11 /02 /Fév /1999 00:20

Par ELM

Au cours d’une réunion d’amis, le père d'un enfant handicapé a prononcé un discours inoubliable.
 Le voici :
On dit que Dieu fait tout avec perfection... Mais où est la perfection en Cédric, mon fils ?
Mon fils ne peut pas comprendre les choses comme le peuvent les autres enfants.
Mon fils ne peut pas se souvenir des faits ni des chiffres comme le peuvent les autres enfants. Où est donc la perfection de Dieu ?
Je crois, a-t-il poursuivi, qu'en créant un enfant handicapé comme mon fils, la perfection que cherche Dieu est comment nous réagissons à cet enfant....
Voici une petite anecdote pour vous illustrer mes propos.
Un après-midi, Cédric et moi nous promenions près d'un parc ou des garçons que Cédric connaissait jouaient au base-ball.
Cédric me dit : Penses-tu qu'ils me laisseront jouer ? Je savais que Cédric n'est pas du tout le genre de coéquipier que les garçons recherchent d'habitude, mais j'espérais que l'on permette à Cédric de jouer. Je demande donc à un des joueurs de champ si Cédric peut participer. Le garçon y pense pendant quelques instants et dit :
Nous perdons par six points et nous sommes à la huitième manche.
Je suppose qu'il peut faire partie de notre équipe et avoir l'occasion de frapper au neuvième tour. Cédric poussa un sourire énorme. On dit à Cédric de mettre le gant et de prendre sa position. A la fin de la huitième manche, l'équipe de Cédric marque quelques points mais traîne toujours par trois points.
Au bout du neuvième tour, l'équipe de Cédric gagne encore un point ! L’équipe a maintenant deux retraits, les buts remplis
Et une chance de gagner le jeu. C'est au tour de Cédric à frapper, risquant ainsi de perdre la partie !
Chose étonnante, on lui donne le bâton. On sait sans doute que c'est presque impossible de gagner, car Cédric ne sait ni comment tenir le bâton comme il le fautant i comment frapper la balle. Cependant, quand Cédric s'approche du marbre, le lanceur avance quelques pas pour lober la balle assez doucement pour
que Cédric puisse au moins toucher la balle avec le bâton. Cédric frappe lourdement au premier lancer, sans succès.
Un de ses équipiers vient à son aide et les deux prennent le bâton en attendant le prochain lancer. Le lanceur avance davantage et jette légèrement la
balle à Shay. Avec son équipier, Cédric frappe un roulant vers le lanceur, qui le ramasse. Il aurait pu facilement le lancer au premier but, éliminer facilement Cédric et le jeu se terminerait.
Mais voilà, le lanceur jette la balle très haut, dans le champ droit, loin au-delà du premier but.
Tous se mettent à crier : Cours au premier, Cédric! Cours au premier!"
Jamais il n'avait eu l'occasion de courir au premier but. Il galope le long de la ligne de fond, tout étonné.
Quand il atteint le premier but, le voltigeur de droite a la balle en main; il peut facilement la rendre au deuxième but, ce qui va retirer Cédric qui court toujours.
Mais il lance la balle par-dessus le troisième but et tous crient : Cours au deuxième! Cours au deuxième!" Les coureurs devant Cédric, transportés de joie, encerclent les buts en route au marbre.
Lorsque Cédric s'approche du deuxième but, l'adversaire le dirige vers le troisième et s'exclame : Cours au troisième!" Quand Cédric passe par le troisième, les joueurs des deux équipes le suivent en s'écriant ; Fais un circuit Cédric!"
Cédric complète le circuit, prend pied sur le marbre et tous les joueurs le soulèvent sur leurs épaules. Cédric est le héros !
Il vient défaire le grand chelem et de gagner le match pour l'équipe!

Ce jour-la, continue son père, les larmes aux yeux, ces 18 garçons ont atteint leur propre niveau de la perfection de Dieu.

Bizarre qu'on transmette des milliers de blagues par courrier et qu'elles se propagent, mais lorsqu'on envoie des messages au sujet des choix de vie, on n'a pas si hâte à les faire suivre... Bizarre que l'on puisse facilement accéder aux sites obscènes et vulgaires du cyberspace, mais quand il est question de moralité, cela ne nous semble pas vraiment approprié. Bizarre que lorsque vous faites suivre ce message (si vous décidez de le faire), vous n'allez probablement pas l'envoyer à un grand nombre de vos connaissances puisque vous n'êtes pas certain en quoi ils croient, ni de leur perception de vous pour le leur avoir envoyé. Bizarre que l'on soit plus préoccupé de ce que les autres pensent, mais non pas de sa perception de soi-même.
Le paradoxe d'aujourd'hui est que : On a la patience de construire de grands édifices mais pas de patience suffisante pour contrôler sa colère; On a de larges routes, mais des points de vue étroits... On dépense plus, mais possède moins; On habite les maisons plus grandes, mais les familles sont plus petites; On jouit de plus de commodités, mais on a moins de temps disponible ; On accumule plus de diplômes, mais on fait preuve de moins de logique, moins de discernement... On a multiplié ses avoirs, mais diminué ses valeurs. La science permet de vivre plus longtemps, mais on a priorisé la quantité sur la qualité. On a fait le voyage aller-retour à la lune, mais on a de la difficulté à traverser la rue pour se présenter à son voisin...

Dimanche 15 septembre 1991 7 15 /09 /Sep /1991 00:29

Par ELM

SOUFFRANCELa souffrance, la douleur, physique ou morale, serait-elle une nécessité pour l'homme ?

 

Je crois que la souffrance vient du mal, elle est causée par l'adversaire et elle peut avilir, écraser, détruire l'homme. Je repense à vous, Mario, Thérèse, Mohamed, Vincent, qui avez perdu votre humanité dans la souffrance, qui vous êtes recroquevillés, refusant tout contact, toute parole, qui ne viviez plus que dans l'attente de la mort, qui saviez que chaque antalgique administré ne ferait que commencer un nouveau cycle, où la douleur réapparaitrait, encore plus vite, encore plus fort. Vous étiez, seuls, sans soutien, sans amour, sans famille, et votre souffrance vous a encore davantage isolés et persuadés que seul le Mal existait.

 

Si elle n'est accompagnée et soutenue avec amour, dans la Foi en Dieu si possible, la souffrance ne peut aboutir qu'à la mort et une croyance dans le Mal absolu, le Malin. (Je ne pense pas que l'on qualifie par hasard une tumeur cancéreuse de "maligne")

 

Je présume que la souffrance est un bon moyen pour notre adversaire de gagner des âmes.

 

Je crois aussi que Dieu nous donne le moyen de "sublimer" notre souffrance, de la rendre "utile" à la Rédemption.

 

vendredi_saint.jpgJe sais que Dieu n'a pas voulu que Son Fils souffre. Il est venu pour nous sauver, et il a fallu qu'Il passe par la souffrance et par la mort, parce que le mal existe et envahit, cherche à régner sur le monde. Si le Christ avait pu nous sauver sans souffrir, je crois qu'Il l'aurait fait. Il l'a demandé à Son Père : "Si cela est possible, Père, éloigne cette coupe de mes lèvres,....mais que Ta Volonté soit faite.

 

Je ne veux pas croire que la Volonté de Dieu est que Jésus souffre et meure, je crois que Dieu veut A TOUT PRIX  que nous soyons sauvés et que tout mal soit vaincu ; c'est un combat, un combat à mort.

 

Le Christ a souffert, est mort en combattant le Mal et Il est VICTORIEUX, puisqu'Il est RESSUSCITE ! Si Dieu avait voulu la souffrance et la mort, Il n'aurait pas ressuscité Jésus.

 

Je suis convaincue que nous DEVONS lutter contre la souffrance, l'éviter autant que possible pour les autres et aussi pour nous même. Et quand nous devons l'affronter, il ne faut pas l'attribuer à la volonté de Dieu, je ne veux pas le croire.

 

J’espère que dans l'amour et avec la Foi, nous rendons la souffrance non pas supportable, je sais par expérience qu'elle est insupportable, mais inefficace, incapable de nous anéantir. Si nous continuons d'aimer et de croire, le mal est vaincu, il ne peut nous réduire à l'état de chose, broyée, qui n'a plus de désir, que la mort, plus rien d'humain.

 

140DJ’ai constaté que les personnes qui ont vécu longtemps, qui ont été déjà blessées dans leur amour, qui ont perdu l'Amour, sont plus fragiles devant la souffrance, que le Mal les gagne plus facilement par le désespoir.

 

Je crois que les enfants, parce qu'ils aiment et sont confiants, parce qu'ils n'ont pas assez vécu pour connaître l'immensité du mal, sont plus forts devant la souffrance. Mes petits Soraya, Clément, Maxime, Emilie, et tant d'autres me l'avez montré avec une magnanimité, une prévenance, une délicatesse qui m'ont édifiée. Comme eux, les personnes qui sont soutenues dans leur lutte par un grand amour et par la foi, traversent la souffrance sans être terrassées dans leur humanité, leur mort n'est pas une fin mais une Entrée dans la Vie.   

 

(j’avais écrit cet article pour le bulletin de notre aumônerie de santé du CHRU Nord, en septembre 1991 à l’occasion de la fête de Notre Dame des 7 Douleurs)

 

 

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés