A la Banque Nationale d’Ethiopie, nous avons pu changer nos euros pour des birrs (un birr vaut environ 0,10 €) birr-copie-1.jpgla commission de change est dérisoire (1€ quelque soit le montant changé). La banque est en face d’une Ambassade dont tout le mur d’enceinte est recouvert d’une fresque toute récente (2004) d’un style naïf exaltant la paix et l’amitié entre les peuples.

Le Musée d’Histoire Ethiopienne a été réalisé dans l’ancien Palais Impérial bâti par Hailé Selassié. C’est un très bel édifice et son contenu est très riche sur l’histoire dynastique, les rois et empereurs successifs, toute la (les) culture éthiopienne dans ses différentes régions, les us et coutumes attachés à chaque âge de la vie, l’art pictural et musical. Splendide. L’art religieux est très présent. La plupart des œuvres présentées nous montre Marie et Jésus entourés des Saints Archanges Michel et Gabriel, dont les ailes forment un dais au dessus de la Vierge et du Christ. On voit aussi beaucoup St Georges.

 madone ethiopienneCertaines images sont très naïves, d’autres plus sophistiquées ont une certaine similitude avec des œuvres médiévales européennes (comme les illustration de livres d’heures, ou certaines Nativités florentines) d’autres me font penser à des images japonaises, d’autres encore aux icônes orthodoxes (donc orientales). Beaucoup sont sur bois peint, quelques toiles ou plutôt tapisseries vu leurs dimensions.

 J’ai été impressionnée par le très vieux majordome du Négus qui continue à vivre dans sa chambre, dont il est le gardien jaloux, c’est lui qui nous la fait visiter, ainsi que le dressing (aussi grand que ma salle de séjour !) ou se trouve encore un miroir en pied portant un impact de balle, souvenir d’un attentat auquel l’empereur a échappé de peu, et la salle de bain, marbre et décor céladon « avec tout le confort moderne » mais bien vieilli.

En sortant du musée, nous avons eu droit à notre première averse, c’est le début de la saison des pluies, je ne regrette pas de m’être encombrée d’une « petite laine » et d’un imper !

            Notre étape suivante nous conduit à l’Eglise Catholique du Saint Sauveur pour récupérer les horaires de messe : 9H00 messe en amharique, 10H00 messe en anglais. Nous optons pour la grasse matinée et la messe que nous avons quelque chance de comprendre à peu près.

Puis à la Poste, nous pouvons téléphoner en France (~ 2€/minutes). La pluie continue et de nombreux enfants viennent s’agglutiner à la voiture où nous attendons ceux qui téléphonent encore. Ils mendient quelques pièces, misérablement vêtus de haillons, mal chaussés, beaucoup pieds nus, morveux, creusés, pâles ; des fillettes portent des bébés ; certains accompagnent des infirmes ; Un homme passe, une jambe amputée au genou, il se déplace sur « trois pattes » ; deux simples cannes auraient fait de lui un homme debout… Pourquoi cette misère ? Ce pays était une terre de cocagne il y a 2 ou 3 siècles encore.

Il y a une classe aisée et cultivée, pourquoi ne se lève t’il pas, sur cette terre à 50% peuplée de disciples du Christ, des Vincent de Paul, des Frédéric Ozanam, des Camille de Lellis, des Mère Térésa…pour laver et panser le Corps du Christ humilié et couvert de crachats ? Nous avons le cœur serré, notre propre impuissance est douloureuse. La plupart d’entre nous, les femmes, nous pleurons.

            Il est temps de rentrer, les mamas vont nous attendre. La pluie a enfin cessé. Les rues sont bigarrées avec toutes ces échoppes offrant aux regards leurs étalages de fruits colorés, les femmes portent presque toutes une longue étole de couleur sur les cheveux et les épaules. Ces messieurs tiennent  à goûter à la bière locale que l’on nous vantée au musée, nous faisons donc une dernière pause au « bistrot du coin ». Ils n’en finissent pas d’essayer de comprendre qu’il faut donner 100 birrs pour la consigne (qui seront rendus quand on rendra les bouteilles) et 66 birrs pour 24 bières. Nous remarquons alors des hommes et des femmes revêtus d’une sorte de tabliers rouge qui arpentent le trottoir : ce sont les « hommes- parcmètres », ils surveillent environ 10 ou 15 mètres de chaussée, gardent les voitures, en éloignent les curieux, et récoltent la taxe de parking au retour du conducteur (~ 0,20 birrs le ¼ d’heure)

            Dans l’après-midi, enfin, nous sommes retournés voir nos enfants. La pluie du matin a un peu rafraîchi l’air, il fait bon. Nous nous sommes réjouis de regarder les enfants danser  quelques rondes, une farandole, un jeu qui ressemble au « facteur » et nous avons bien joué avec eux. Ensuite nous les avons bien fait rire en faisant « la chenille » et « la danse des canards »

            thomas---enitewow.jpgJe continue de découvrir nos fils, Enitewow est plus réservé, un peu comme Petit Lion. (Il aime bien les câlins mais il ne faut pas trop le montrer, pas afficher trop d’affection pour sa maman, les grands garçons ont leur fierté !)

Il est venu me chercher pour jouer au ballon et nous avons eu un long moment privilégié. J’étais bien crevée, mais je crois que c’est de cette façon qu’il me demandait de lui consacrer toute mon attention. Peut-être est-ce pour lui un « langage de l’amour »  plus approprié que bisous et câlins.

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