Mercredi

           Et voilà, notre séjour se termine. Ce soir nous reprenons l’avion pour notre pays, nous allons retrouver notre environnement, notre famille, nos amis, mais ce ne sera plus jamais l’ancienne vie ! Nos enfants eux vont vivre un arrachement, même si leur part d’insouciance juvénile, leur excitation de vivre ce grand voyage et la joie d’avoir à nouveau un papa et une maman peuvent les aider et anesthésier en quelque sorte leur douleur.

Nous faisons nos sacs, plus légers de tout ce que nous laissons (jouets, pharmacie…) plus lourds de ce que nous ramenons (souvenirs, amitiés.. ) Deux d’entre nous ont été délégués pour faire les courses de tout le groupe, c’est à nouveau assez « chaud » en ville. Ils vont nous ramener du café, du carcadet, ce qu’ils pourront trouver comme produit locaux à la superette ou Yob les a conduit, et surtout les ingrédients du goûter que les parents offrent traditionnellement aux enfants de la Petite Maison le jour du départ.

img003.jpgL’après midi arrive, ce dernier après midi… Les enfants ont revêtu des costumes traditionnels, ils sont tous plus beaux les uns que les autres. Ils dansent sur de la musique éthiopienne, une danse très saccadée au niveau de la tête et des épaules, les mains aux côtés. Ils se régalent de biscuits et de sodas.

Nous en profitons pour offrir aux mamas et aux gardiens leurs cadeaux. A la maison des parents, nous l’avons déjà fait après le déjeuner, pour les 5 femmes qui se sont si bien occupé de nous. Ce fut un moment très joyeux et profondément émouvant. Là, nous sommes plus intimidés, nous sommes en minorité, tout le monde nous regarde. Une tournée de bisous rend le cérémonial plus léger. Quand la nuit arrive, nous sommes toujours là, nos enfants ont mangé, sur une petite table à part. Ceux qui restent vont se mettre en pyjama, les notres sont toujours en costume de fête. Ils embrassent leurs amis, nous embrassons tous les enfants qui viennent à nous et se pendent à notre cou. L’émotion est à son comble ;  nous pleurons tous, grands et petits, français et éthiopiens, hommes et femmes.

Il faut pourtant bien nous séparer, nous pensions emmener les enfants à ce moment, mais non, nous rentrons dîner et ils nous rejoindrons plus tard.

Nous avons rencontré des tas d'enfants tous plus attachants les uns que les autres et en rentrant, dans les semaines à venir nous aurons peut-être la joie d'apprendre qu'ils sont attribués à Untel ou Untel et de se dire : "Ces petits que nous avons quittés le coeur serré, vont bientôt connaître le même bonheur que les notres, et ces nouveaux parents seront assaillis par ce déferlement d'émotions intenses qui nous a étreint il y a quelque semaines."

Pendant notre dernier repas à Addis, nos petitous arrivent avec 4 mamas, ils sont dans leurs vêtements de tous les jours. Ils découvrent avec ravissement les paquets d’habits marqués à leur nom, préparés par les mamas, comme une dernière surprise pour ces enfants qu’elles ont choyés pendant quelques mois. Je comprend pourquoi il ne nous fallait pas emmener nous même des vêtements pour eux, et puis nous aurions eu bien du mal à estimer la bonne taille. Ces habits sont donnés par des parents qui ont adopté avec ERM, ils sont neufs ou presque, en très bon état, y compris des chaussures de très bonne qualité. Les mamas ont de la fierté à les faire beaux pour leur départ. Encore des larmes pour tout le monde quand elles nous quittent et nous laissent à notre grande aventure avec nos petits, plus d’interprètes, plus d’intermédiaires, rien que eux et nous….

19h30 Trois papas partent avec Jop pour faire enregistrer tous nos bagages à l’aéroport, afin que les femmes et les enfants restent « au chaud » le plus longtemps possible. En fait, il y a encore quelques échauffourées, et même si nos bagages étaient endommagés ou perdus… les enfants seraient à l’abri, protégés de ces histoires de grands. En partant plus tard, il y aussi plus de chances que beaucoup de manifestants soient rentrés chez eux  et que nous circulions plus facilement.

21h00 Emus, fatigués, excités nous embarquons enfin avec Assefa, pour l’aéroport… une dizaine de minutes plus tard, un pneu crève, il ne manquait plus que cela ! Et là, à 20 minutes de l’aéroport, dans une grande avenue déserte, nous n’en menons pas large. Quelques passants manifestement éméchés ou pleins de khat nous regardent un peu de travers. Nous avons soudain conscience que le portable est une invention merveilleuse : Assefa a appelé Jop, qui arrive très vite de l’aéroport avec le minibus qui avait emmenés maris et bagages. Ouf ! Vive la technologie !

L’aéroport d’Addis Abeba est magnifique, une merveille architecturale, même s’il comporte assez peu d’équipements. En tout cas les WC sont grandioses, vastes, modernes,  très propres, Petit Loup et Tchatchi s’extasient devant les chasses d’eau automatiques …

Dernières démarches, enregistrement, embarquement, et c’est parti

Les enfants sont bien fatigués et après un souper léger, ne tardent pas à s’endormir, le personnel est aux petits soins, j’ai déjà dit qu’Ethiopian Air Line est super. Ils nous aident à installer nos petits, ils ont presque tous 2 sièges pour s’allonger comme sur une banquette, une jolie couverture de laine, que Petit Coeur demandera à garder en souvenir.

 

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