Est-il possible, souhaitable, pour nos petits nés en Ethiopie, de garder la pratique de l’amharique (langue officielle de l’Ethiopie, avec l’anglais qui sert surtout pour les administrations centrales) ? Il existe très peu de chance de trouver quelqu'un qui le parle en France. L'amharique n'est pas couramment parlé dans nos contrées, si ce n'est par des Ethiopiens vivant en France.

Parfois, l’amharique n’est même pas la langue maternelle de notre enfant, il faut savoir que l’Ethiopie compte 80 ethnies et au moins autant de langues et dialectes…

Quelle est vraiment la langue maternelle de nos petits ?
En France, on est dans une sorte d’obsession monolingue. De nombreux autres pays dans le monde, ont une pensée multilingue: les enfants dès leur plus jeune age vont parler 3 langues naturellement. Il existe une sorte de peur en France sur l'apprentissage simultané de plusieurs langues, les réflexions sont toujours sur le mode: il va tout mélanger, il aura des retards, ....

Il y a eu aussi à plusieurs reprises dans notre histoire, la volonté politique d’unifier le langage, et même d’effacer l’influence des autres cultures en imposant de force le français « de Paris ».

Il y a des souvenirs douloureux en Alsace, en Bretagne, d’instituteurs qui donnaient de la baguette aux enfants qui parlaient leur langue régionale à l’école. Bref le politiquement correct c’est de tous parler le français et rien que le français, le parler, l’écrire, le penser…
J'ai pu lire de nombreux témoignages et expériences sur des enfants "maison" et adoptés
dans un contexte familial ou 2 ou 3 langues sont parlées. La plupart des témoignages sont positifs. En ce qui concerne les enfants adoptés, il semble que ce n'est pas petit que le manque de la langue maternelle se fasse sentir, mais plutôt à l'age ou l'enfant souhaite aller dans son pays d'origine.
« On dit » que les enfants veulent devenir des petits français comme les autres, mais je me demande dans quelle mesure on ne pourrait pas devenir français et parler plusieurs langues. Une théorie dit que les enfants adoptés veulent oublier leur vie passée, peut-être qu'inconsciemment  cela nous arrangerait nous parents, et que l'on chasse ainsi l'idée et la peur que l'enfant veuille retourner un jour dans son pays?
Ceci dit il faut voir la motivation des enfants, chez nous Tchatchi (5 ans à l’arrivée) prenait plaisir à parler amharique, à entendre des chants éthiopiens, à voir des images d'Ethiopie, disait ses deux prénoms quand on lui demandait comment il s'appelle, tandis que Petit Loup (6,5 ans) ne voulait parler amharique qu'avec Tchatchi, manifestait beaucoup d'hostilité quand on passait musiques ou images d'Ethiopie et a très vite laissé tomber son prénom d'origine.

Aujourd’hui, trois ans après leur arrivée dans notre famille, nos fils ont complètement oublié l’amharique, je me souviens, moi, d’une partie du vocabulaire que j’ai appris pour pouvoir communiquer de façon basique avec eux (je parlais amharique en « petit nêgre » - pardon pour ce jeu de mot très politiquement incorrect !- ou comme une vache espagnole si vous préférez !!!) et ils sont tout étonnés que je puisse leur sortir tel ou tel mot ou expression dont ils n’ont gardé aucun souvenir. Ils sont par contre très fiers d’être meilleurs en français que certains camarades de classe !!!
Alors, d'après vous, faut-il conserver à tout prix la capacité de nos enfants adoptés à parler leur  langue d'origine ou pas ?
Moi, je donne ma langue au chat !!!!!!

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