Contrairement aux  enfants abandonnés, nos fils portaient un nom de famille à leur arrivée : le prénom de leur père. Nous avons recueilli auprès du responsable éthiopien d’ERM un certain nombre d'éléments sur leur passé, notamment une chose qui nous a paru traumatisante et utile à savoir pour prendre des précautions dans le fonctionnement familial. Très vite, ils nous ont raconté pas mal de choses sur leur vie en Ethiopie, leur famille ; ils se sont rapidement et abondamment exprimés sur leur passé douloureux. Je pense que c'est un peu grâce à çà qu'ils n'ont pas fait beaucoup de cauchemars. Il y a maintenant 3ans, ils ont recensés dans leur vie d'aujourd'hui toutes sortes de choses qu'ils n'avaient pas avant ; Mon Petit Poussin a conclu "pas beau l'Ethiopie, moi français" ; Il a aussi pu exprimé son deuil en disant qu'il aimait beaucoup sa maman Banchayehu et ils ont raconté la célébration de ses funérailles.

J'ai précieusement recueilli aussi tous les noms des personnes survivantes de leur famille qu'ils m'ont nommées ; mais ce sont des personnes qui appartiennent à la génération de leurs parents, je doute qu'on puisse les retrouver dans quelques années, vu les conditions de vie là bas. Ils ont beaucoup déménagé d’un petit village à une ville assez grande, c'est sans doute plus difficile de suivre les déplacements et de retrouver la trace des gens que dans un petit village où chacun connaît tout le monde.
ARM encadre l’été un camp de 3 semaines de jeunes adoptés depuis ~10-15 ans qui souhaitaient retourner à la recherche de leurs racines. Ils font environ 15 jours d'aide humanitaire pour prendre contact avec la réalité de leur pays d’origine et ensuite, entourés de leur famille adoptive, ils passent une semaine dans leur région d'origine à l'aide des éléments dont ils disposaient. Cette démarche est très bien préparée et accompagnée par les membres de l’association.

Retour à l'accueil