S'élancer n'est rien, durer, c'est tout. On ne vit que de patience avec soi-même.                                     Henri Huvelin

Ah ! L'amour, la fougue, la passion de la jeunesse ! Il me fut donné la grâce d'assister aux épousailles de deux jeunes âmes brillantes qui s'étaient depuis plusieurs années reconnues, choisies et attendues l'une l'autre. Avec l'inconséquence qui me caractérise, moi qui me mariai plus jeune encore, et après moins d'attente, je m'interrogeai...
Bien sûr, nous enseigne l'Apôtre des Gentils, il vaut mieux se marier que brûler, mais...
Ils se sont promis de se donner l'un à l'autre totalement (on n'est jamais assez prêt à le faire, c'est TOUJOURS une folie !)

L'un et l'autre encore étudiants sont pourvus d'un revenu leur garantissant l'autonomie financière. L'amour, la foi et l'espérance partagées, certes, leur assureront force et courage pour étudier et passer brillament leurs examens ; tous deux, je crois, sont doués et ambitieux, mais...
S'étant promis un don réciproque total, la grâce de Dieu aidant, cet amour, normalement est appelé à donner la vie ; que deviennent alors force et courage pour étudier lorsqu'une (grande) part de l'énergie est réquisitionnée par un tout petit être si dépendant qu'il nécessite lui aussi un don total, de l'amour, des soins vigilants et une ration certaine des heures de sommeil de ses heureux parents ?
S'être bien préparé est une chose, être prêt en est une autre...
L'amour conduit haut et loin, au sacrifice et au martyre... Ce lumineux témoignage de foi, d'espérance et de charité maintiendra-t-il dans le quotidien bien terre à terre de la vie avec un nourrisson réclamant sa pitance et sa part d'amour à heures régulières et parfois indues ? Comment heureusement concilier les exigences (parfois) sans concessions des études et le don total entre époux conduisant au don de la Vie ? Faut-il faire un choix ? Combien de temps passe alors avant que de regretter ?
Une mère s'interroge toujours, et fait confiance... et toujours s'interroge, prie pour le bonheur de ces enfants. Ils ont grandi et ne lui demandent pas son avis, ils feront, espère-t-elle, comme elle, de leur mieux, ce qu'ils pourront, le moment venu, avec le grâce du Très Haut -béni soit-Il ! Brûler d'impatience pour un amour, qui veut vivre dès aujourd'hui en plénitude, est une autre façon de s'épuiser à désirer un objet encore lointain et ainsi de ne pas avoir tout à fait le coeur et la tête à ses chères études...
Inquiétudes de mère-poule, vous-dis-je, on ne se refait pas, mais on s'améliore, j'essaie de faire confiance ! Ils sont fait pour le bonheur après tout !

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