"Tu as vu clair au moment de te mettre en route, ne reviens pas sur tes pas maintenant que tu n'y vois plus"          Ludovic Giraud

10 août
A l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, comme dirait Victor, nous partîmes tous les cinq. Cinq ? Oui cinq, petite poulette sous d'autres cieux s'efforçait de dompter une bande de petits monstres et n'était pas du voyage, pas de celui-là.
La voiture était pleine, pleine de la moitié de la chambre de Petit Lion - encore s'apercevrait-il quinze jours plus tard, qu'il lui manquait quelques babioles, dont un tapis de 2X3m, une paille à envoyer par la Poste ! - pleine des projets dont nos têtes étaient farcies, pleine de la joie qui débordait de nos coeurs...
Pleine ? non, pas tout à fait :  la place de Petite Poulette est vide, elle n'est pas avec nous, nous avons ôté son siège pour que çà ne se voit pas, mais... elle me manque.
Pour faire agréablement passer les heures et les kilomêtres, d'un casse-croûte au goûter, d'une station GPL à la suivante, d'une pause-pipi à l'autre, nous égrenâmes les noms et préfectures dont nous voyions défiler les numéros sur les plaques d'immatriculation...
Nous feuilletâmes quelques guides verts, puis je me lançai dans l'explication
- des Ostentions Limousines avec traditions, légendes et martyres
- de la fabrications des émaux et de la porcelaine
- de la confection de dentelle et de fromage
- de l'élevage des chêvres,
- du fonctionnement d'une centrale nucléaire,
puis dans le récit
- de l'épopée de Jeanne d'Arc
- des exploits du Chevalier Bayard
- de l'origine de la guerre de cent ans
Dur, dur d'être à la hauteur, quand on est la maman de ces petits, d'une "insatiable curiosité", comme dirait Rudyard.
Enfin, nous franchîmes le pont de Tancarville, annonçant la fin du périple et la découverte du nouveau logis de notre Petit Lion. Le premier logement qu'il ait choisi sans nous...
Ce fut assez "drôle"  d'être hébergés par notre fils (la claque !), dans un appartement vide et nu et SANS EAU ! Nous nous souvînmes de nos tous premiers emménagements, dans nos jeunes années (comme dirait Victoria !), souvent ce ne fut guère plus glorieux !
Aujourd'hui que nous sommes, à peine, moins jeunes,
habitués à notre nid douillet,
il nous fut cruel le réveil au cri des mouettes,
bien moins doux que le roucoulement des tourterelles à notre fenêtre !
Mais ceci est un autre jour !
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