L'adaptation de Pti Loup s'est très bien passée : il est conscient de son histoire et même s'il a "subi" tous ces évènements douloureux, il a été actif dans son adoption. Il a aussi été un soutien pour son petit frère et vice-versa. Il est grand, un peu réservé dans les démonstrations d'affection, mais il en dit plus avec ses mots. La difficulté pour lui est de lâcher prise et me laisser décider, il était très autonome et dans sa culture un petit homme a du mal à accepter l'autorité de Maman.

La langue française a été vite apprise, avec un léger accent. Mais nous sommes dans une région à fort accent et ils s'amusent d'entendre les autres rouler les r, et finir les mots par "aing" (Mamaing pour Maman, du paing etc.)

Nous avons eu tout l'été 2005 pour nous attacher mutuellement et j'ai choisi de faire l'école à la maison pour favoriser notre relation et faciliter les apprentissages en allant à leur rythme.

Tchatchi qui a beaucoup souffert s'est jeté sur moi avec une énorme demande affective et a régressé jusqu'à "rejouer" sa naissance en sortant de dessous mon pull-over où il s'était pelotonné tout contre moi (style Kirikou : Maman, enfante-moi) et il a demandé la tétée au sein pendant plusieurs semaines. Très très fort. Notre lien a été tout de suite très fusionnel et aujourd'hui il est plus autonome et peut passer la journée sans venir sur mes genoux, que pour le câlin rituel du soir.

Donc j'ai quand même pouponné, même si cela s'est fait en accéléré et que le tout (naissance, tétées, et câlins du matin au soir, bébé velcro) n'a duré que deux ou trois mois, j'ai retrouvé toutes les sensations du maternage que j'avais éprouvées avec mes aînés.

Quant à Petit Coeur, mon époux, il a découvert véritablement la paternité. Quand les aînés sont nés il s'était peu investi, il était à fond dans le boulot.  Et plus ou moins persuadé que les petits, c'était l'affaire de la maman. Avec nos cadets, c'est tout autre. Ils l'idolâtrent, l'applaudissent à la fin d'un long trajet en voiture, lui sautent dessus quand il rentre du travail et le couvrent de bisous. TiCoeur participe complètement à leur éducation et nous discutons toutes les décisions les concernant. C'est génial...

On verra ce que ça donnera à l'adolescence, nous n'avons pas beaucoup de recul...
Nous n'imaginons pas que tout sera toujours rose, mais nous croyons pouvoir demander de l'aide à des personnes compétentes si des difficultés excessives se présentent...

Beaucoup d'adolescents "biologiques" élevés dans leur famille de naissance connaissent aussi des crises graves...

Aucun enfant n'est confié à ses parents (biologiques ou adoptifs) avec une garantie, une assurance de réussite infaillible, et nos "pauvres" enfants (biologiques ou adoptifs) ne reçoivent pas non plus des parents avec un certificat de parentalité parfaite !

 

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