L'aspect financier de l'adoption est super important à mon avis, surtout en des moments où de sombres affaires de "trafic" de bébés occupent les médias. Il faut pouvoir en parler de façon
transparente pour faire cesser cette idée qu'adopter = acheter un enfant.
C'est une des raisons qui nous a poussés à passer par un organisme agréé pour l'adoption (OAA), c'est plus clair.
Il faut oser dire que l'argent que l'on verse paie des frais réels aux organismes, des frais de dossiers, des frais de traductions, des frais de légalisation, honoraires d'avocats, timbres, transports des bénévoles, salaires des correspondants dans les pays d'origine, don aux orphelinats, etc.
Il ne s'agit pas d'une transaction commerciale, et les parents de naissance, (dans les cas où ils sont encore en vie) ne vendent pas leurs enfants.
Les familles qui abandonnent un enfant ne cherchent pas à échapper à la misère en retirant un bénéfice de la vente de leur progéniture. Dans les cas d'enfants abandonnés, les familles essaient de faire échapper leur enfant à un sort misérable, et je trouve cette démarche très noble.
Les administrations qui prennent alors les enfants en charge se démènent, enquêtent véritablement pour trouver une personne dans la parenté des enfants pour subvenir à leurs besoins et à leur éducation. C'est seulement après l'échec de ces démarches que l'enfant est placé en vue de l'adoption.
Un tribunal d'état émet alors, dans certains cas, un jugement pour faire adopter l'enfant à l'étranger, estimant que c'est la solution la meilleure pour l'enfant. 
Un jour peut-être faudra t'il aussi en parler à nos enfants devenus grands et atteints par ce doute : "Ai-je été acheté ? "Combien mes frères ont-ils coûté ?" 
Nous avons gardé la trace de toutes les sommes que nous avons versées tout au long de la procédure, et nous sommes bien décidés à les montrer à tous ceux qui, jusque dans notre propre famille, ont ce préjugé ignoble sur notre démarche.Leur bêtise sûrement ne vaut même pas ce geste, mais si elle est égalée par leur méchanceté, il faut bien défendre nos enfants. Ils ont déjà été assez malmenés par l'existence en voyant mourir, quasiment sous leurs yeux, successivement, leur père, puis leurs 5 frères, puis leur mère. Je refuse qu'on les rende malheureux d'être des survivants.

 

 

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