Certains, dans l’intention par ailleurs louable de satisfaire les électeurs gens  qui subissent des délais et refus dans leurs démarches d’adoption, évoquent parfois la nécessité d’ajuster « l’offre d’adoption » (en clair le nombre d’enfants disponibles sur le « marché » de l’adoption) à la demande (la quantité croissante de candidats à l’adoption, taux de stérilité et âge élevé des futurs parents obligent…)

S'agit-il de "répondre à une demande" dans un esprit marketing, ajuster l'offre à la demande ? 

Ce genre d'ineptie, familière hélas de nos responsables politiques, contribue gravement à entretenir dans l'esprit du public l'idée que l'adoption est un "service" auquel des parents pourraient avoir "droit". A aucun moment l'intérêt de l'enfant n'est évoqué. 
Je trouve ce point de vue consumériste sur l'adoption absolument détestable.
Il n'est pas étonnant, si l'on considère que les parents adoptifs sont des "consommateurs" dans l'acte d'adoption, de voir ensuite des émissions, livres et articles divers sur les échecs et les difficultés rencontrées traitant ce sujet douloureux en osant parler "d'adoption ratée".
Comment peut-on juger et quantifier les maladresses, les erreurs plus ou moins graves des parents adoptifs, sans essayer de mesurer les efforts, l'amour qu'ils ont consacré à leurs enfants ? (Pourquoi ne pas demander des comptes aussi aux parents "de ventre" ?)
 Il parait extrêmement difficile de faire valoir l'idée que l'adoption passe avant tout par un apparentement. Une mission délicate pour "accorder" tous les intérêts d'un enfant sans parents aux capacités de candidats-parents à remplir tous les besoins de cet enfant.

On ne peut pas à la fois    

- reprocher aux pays qui nous confient leurs enfants, aux OAA et aux agences qui réalisent ces apparentements leur très grande prudence et leurs critères qui nous défavorisent souvent (âge, mode de vie, revenus...)

et en même temps           

- critiquer les errements de familles qui ont adopté avec moins de critères, de préparation… que ce qu'on nous impose heureusement aujourd'hui.

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