Sans vouloir entrer dans un débat "lutte des classes" un peu ringard, je souhaite apporter mon très modeste témoignage pour réfuter l'idée que l'adoption est réservée aux nantis, riches et cultivés, appartenant aux classes socioculturelles les plus élevées et aux femmes qui peuvent "s'offrir le luxe" d'un congé parental (parfois on soupçonne les OAA d'être sexistes.)

En effet nous avons :

a) eu l'agrément de notre CG,

b) été acceptés par un OAA,

c) adopté une fratrie éthiopienne, 

 Et ce malgré :

1) que je ne suis pas bachelière, ET (bien que, de ce fait, tarée) j'ai été jugée digne d'élever des enfants

2) la situation de chômage de mon époux à l'époque de l'agrément, et de l'attribution

3) mon misérable salaire d'infirmière

4) mes abominables horaires d'infirmière (7h30-20h30)

5) un crédit sur la maison

6) mon impossibilité de prendre un congé parental, cf. n°2)

 Alors certainement que tous ceux qui souhaitent adopter ne parviennent pas tous à la réalisation de ce projet, mais ce n'est pas seulement pour des raisons financières et d'"idéologie sexiste" des OAA...

Avoir un enfant n'est pas un droit, élever un enfant apporte de grandes joies mais exige de nombreux sacrifices (je ne parle pas seulement de confort financier, mais de temps, de loisirs, de carrière, de réalisation personnelle, d'ambitions. ...)

Mais pour un enfant, avoir un père et une mère est un droit, et tous ceux qui travaillent pour donner aux enfants des parents se soucient plus du bonheur et de l'avenir de ces petits que d'idéologie.

J'ai une très grande gratitude pour toutes les personnes que nous avons rencontrées durant notre parcours adoption et qui font plus que 35h hebdomadaires, bénévolement, pour trouver une famille pour chaque enfant. Ces personnes ont sacrifié leur revenu, leur temps, leurs loisirs....

Quelle reconnaissance ont-ils en dehors de la satisfaction d'avoir contribué au bonheur de ces enfants ?

 

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