SOUFFRANCELa souffrance, la douleur, physique ou morale, serait-elle une nécessité pour l'homme ?

 

Je crois que la souffrance vient du mal, elle est causée par l'adversaire et elle peut avilir, écraser, détruire l'homme. Je repense à vous, Mario, Thérèse, Mohamed, Vincent, qui avez perdu votre humanité dans la souffrance, qui vous êtes recroquevillés, refusant tout contact, toute parole, qui ne viviez plus que dans l'attente de la mort, qui saviez que chaque antalgique administré ne ferait que commencer un nouveau cycle, où la douleur réapparaitrait, encore plus vite, encore plus fort. Vous étiez, seuls, sans soutien, sans amour, sans famille, et votre souffrance vous a encore davantage isolés et persuadés que seul le Mal existait.

 

Si elle n'est accompagnée et soutenue avec amour, dans la Foi en Dieu si possible, la souffrance ne peut aboutir qu'à la mort et une croyance dans le Mal absolu, le Malin. (Je ne pense pas que l'on qualifie par hasard une tumeur cancéreuse de "maligne")

 

Je présume que la souffrance est un bon moyen pour notre adversaire de gagner des âmes.

 

Je crois aussi que Dieu nous donne le moyen de "sublimer" notre souffrance, de la rendre "utile" à la Rédemption.

 

vendredi_saint.jpgJe sais que Dieu n'a pas voulu que Son Fils souffre. Il est venu pour nous sauver, et il a fallu qu'Il passe par la souffrance et par la mort, parce que le mal existe et envahit, cherche à régner sur le monde. Si le Christ avait pu nous sauver sans souffrir, je crois qu'Il l'aurait fait. Il l'a demandé à Son Père : "Si cela est possible, Père, éloigne cette coupe de mes lèvres,....mais que Ta Volonté soit faite.

 

Je ne veux pas croire que la Volonté de Dieu est que Jésus souffre et meure, je crois que Dieu veut A TOUT PRIX  que nous soyons sauvés et que tout mal soit vaincu ; c'est un combat, un combat à mort.

 

Le Christ a souffert, est mort en combattant le Mal et Il est VICTORIEUX, puisqu'Il est RESSUSCITE ! Si Dieu avait voulu la souffrance et la mort, Il n'aurait pas ressuscité Jésus.

 

Je suis convaincue que nous DEVONS lutter contre la souffrance, l'éviter autant que possible pour les autres et aussi pour nous même. Et quand nous devons l'affronter, il ne faut pas l'attribuer à la volonté de Dieu, je ne veux pas le croire.

 

J’espère que dans l'amour et avec la Foi, nous rendons la souffrance non pas supportable, je sais par expérience qu'elle est insupportable, mais inefficace, incapable de nous anéantir. Si nous continuons d'aimer et de croire, le mal est vaincu, il ne peut nous réduire à l'état de chose, broyée, qui n'a plus de désir, que la mort, plus rien d'humain.

 

140DJ’ai constaté que les personnes qui ont vécu longtemps, qui ont été déjà blessées dans leur amour, qui ont perdu l'Amour, sont plus fragiles devant la souffrance, que le Mal les gagne plus facilement par le désespoir.

 

Je crois que les enfants, parce qu'ils aiment et sont confiants, parce qu'ils n'ont pas assez vécu pour connaître l'immensité du mal, sont plus forts devant la souffrance. Mes petits Soraya, Clément, Maxime, Emilie, et tant d'autres me l'avez montré avec une magnanimité, une prévenance, une délicatesse qui m'ont édifiée. Comme eux, les personnes qui sont soutenues dans leur lutte par un grand amour et par la foi, traversent la souffrance sans être terrassées dans leur humanité, leur mort n'est pas une fin mais une Entrée dans la Vie.   

 

(j’avais écrit cet article pour le bulletin de notre aumônerie de santé du CHRU Nord, en septembre 1991 à l’occasion de la fête de Notre Dame des 7 Douleurs)

 

 

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