verre piléÀ l’approche du printemps, c’est tous les ans pareil, j’éprouve une furieuse envie de changement. Je voudrais tout changer, changer d’enfants, de mari, de boulot, de voiture, de maison, de tête. Et j’ai de bonnes raisons pour ça : les gosses sont pénibles, mon mari râle sans arrêt, le travail est trop loin de la maison, la voiture prend l’eau, la maison est trop loin du travail, ma tête…

Le diagnostic du psy pourrait être «insatisfaction chronique», mais si j’avais un psy ça me donnerait envie d’en changer aussi. Parce que, moi, je suis presque parfaite, en fait, c’est le monde entier qui n’est pas assez bien pour moi. Mais voilà, le monde est comme il est, et à ma connaissance, c’est le seul dans lequel je puisse vivre.

Cet état d’esprit est nocif, non seulement il m’empêche de profiter pleinement des petites joies que la vie me présente chaque jour (trop petites), m’empêche de trouver la paix du cœur, mais il empoisonne mon entourage sur qui je fais peser mes critiques et exigences. Mais la solution est à l’intérieur de moi et pas à l’extérieur, je m’en rends très bien compte quand ce «ras-le-bol» généralisé atteint l’un de mes proches.

La seule chose que je puisse changer c’est… moi, moi-même, mon regard sur les autres, sur les évènements. Je crois qu’on appelle ça «conversion».  C’est très conseillé pendant le temps de Carême, et justement, ben, là, c’est le Carême ! Ça tombe bien, non ? Du coup, avec mon œil tout neuf, je vois que je peux rendre grâce à Dieu de me donner cette belle occasion avant Pâques !

Alors, à part mon portable qui commence à déc***** défaillir et que je ferais bien de remplacer, je cesse dorénavant de vouloir que les autres changent, je vais changer moi-même, ou au moins changer ma façon d’envisager le monde. Je suis sûre que trouverai mes enfants, mari, collègues, amis plus aimables, que je chercherai à comprendre avant de juger et que je paraîtrais à mon tour plus aimable à mon entourage.

Avant j’étais aveugle et maintenant je vois !

Au-delà de cette autocritique de l’insatisfaction, je pense qu’elle contient une bonne part : la nostalgie de ce que nos ancêtres dans la Foi appelaient la Patrie véritable, le Royaume des Cieux pour lequel nous sommes faits. Ce monde ici-bas ne pourra jamais totalement nous combler, puisque nous sommes appelés à une plénitude de vie en Dieu. Je peux néanmoins par ma prière et mes actions, mes intentions et mes paroles contribuer à rendre l’Exil moins pénible.

ALL***** ! Marana Tha !

 

 

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