Dans un article de Libé. dont on parle beaucoup ces temps-ci dans les petits cercles de l’adoption, celle-ci est (à nouveau)  envisagée de façon plutôt "mercantile» par nos élus, élites et têtes pensantes de la République.

l--automne-1.jpgD'abord, on nous explique que les adoptions ont baissé en France en 2006, ce qui inquiète les parents candidats. Mais adopter c'est avant tout trouver une famille à un enfant qui n'en a pas et non l'inverse. Que cet enfant trouve cette famille en France ou ailleurs, cela n'est pas important. C'est pourquoi, déjà quand M. JP Raffarin avait promis de doubler les adoptions, cela était déjà choquant. Il semblait que pour lui les enfants étaient une "marchandise" qu'il fallait se procurer en plus grande quantité pour satisfaire les parents qui ne parvenaient pas à avoir d'enfant ! Les seuls chiffres importants et qui devraient augmenter, selon moi, sont, pour chaque pays, le nombre d'enfants orphelins ou abandonnés qui ont trouvé une famille, que ce soit dans leur pays d'origine ou à l'étranger.
Bien sûr, quand on attend un enfant depuis plusieurs années, le temps peut paraître interminable mais pour que les adoptions soient le plus  transparentes et réussies possibles, il faut du temps. Un projet d'adoption se murit et c'est à cela que servent les différentes étapes du parcours. La mise en place de l'AFA a peut-être ralenti les adoptions en 2006 mais permettra, a terme, d'aider de nombreux parents et de contrôler les procédures. De même, quand un pays met en place la Convention de la Haye, cela entraîne sa fermeture et d'importants ralentissements mais on ne peut que se réjouir de ce genre de progrès pour l'intérêt des enfants.

En ce qui concerne les critères mis en place par les pays, c'est vrai qu'ils peuvent parfois nous paraître excessifs ou infondés  mais «Les pays d'origine ont le droit d'avoir leur vision de ce qu'est une famille. Ce serait du néocolonialisme que d'aller leur expliquer pourquoi on pense qu'un célibataire peut être un bon parent, si eux n'acceptent que les couples mariés.»  (Présidente d'EFA) 

 Les pays d'origine des enfants doivent mériter un minimum de respect de la part des postulants à l'adoption et que c'est la moindre des choses qu'ils puissent choisir à quel type de parents ils veulent confier leurs enfants. Tout comme les OAA, ils ont la responsabilité de l'avenir de ces enfants et on ne peut pas leur reprocher d'en faire trop dans la sélection des futurs parents à partir du moment où cela est fait dans ce qu'ils pensent être l'intérêt des enfants.

Finalement,  qu'est-ce qui compte ?

La quantité des adoptions réalisées en France (combien de familles ont "obtenu satisfaction" en 2006 ?)  ou la qualité des démarches ?

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