Ma très chère petite Thérèse,

Tu sais combien je t'aime et j'essaie bien de suivre tes conseils. Ils sont merveilleusement éclairés et droits, comme l'est ta petite voie. J'ai pourtant bien du mal à y parvenir.

Les flots orageux de ma vie me paraîssent semblables aux 40èmes Rugissants. Comment rester paisible quand 3 garçons se bagarrent dès qu'ils passent 10 minutes ensemble, que leur aînée ajoute au concert ses remarques incessantes à ses frères, que l'homme de ta vie rentre épuisé et hurle si tu as le malheur de protester contre le bruit au bout de 3 jours de céphalées intolérables.

Je passe mes journées à me donner de tout mon coeur, aux petits, aux grands, à l'école, en cuisinant, en écoutant, en consolant, en conduisant l'un et l'autre à leurs activités du soir, sans penser à mon mal, ni à mon bien-être. J'ai fait l'effort de lutter contre la colère qui menaçait d'exploser devant les désobéissances, les insolences, les bouderies, les disputes, je suis restée d'un calme olympien, j'ai essayé de calmer le jeu, les cris des uns et des autres, j'ai exprimé calmement mon exaspération, puis j'ai fui comme devant l'éruption imminente du Vésuve, pour éteindre l'incandescence de mes émotions dans la baignoire avec un peu de lecture. Enfin la paix ! J'étais très contente de ne pas avoir explosé ! Je me couche et essaie de trouver le sommeil malgré ce fichu mal de crâne qui ne passe pas. L'homme monte se coucher, il a regardé un bon film avec notre grand garçon, il cherche à préparer ses affaires pour le lendemain. Je me permet de protester contre le bruit.......oups, je crois que j'ai mis le pied sur une mine.

En fait, je suis obligée d'en conclure que protester est une arme de destruction massive dissimulée, susceptible de déclencher l'Opération Tonnerre de Feu !

Tu crois que Jésus dort toujours au fond de ma barque ? Je pense que j'ai oublié de Le regarder, juste avant de protester.

 

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