En fait, Petit Coeur et moi avions eue cette réflexion plusieurs années avant l'arrivée de Tilou et Tchatchi, suite à nos déboires et aux problêmes scolaires de nos aînés, mais je n'ai pas eu le courage d'entreprendre de les scolariser à la maison, au niveau collège-lycée. Tilou et Tchatchi ne connaissent pas d'autre école que la maison.
Il y a un grand nombre d'arguments très favorables à la scolarisation à domicile.
Tous ces avantages : ouvrir davantage l'enseignement aux "compétences parallèles" ("écologie" , "gestion des conflits", générosité, auto-connaissance, ....) , l'expérimentation, les découvertes, la matière, agir sur le monde. aller au rythme de son enfant, moduler le temps de classe selon la fatigue, la liberté géographique (dans quelques mois ma maison sera en travaux et j'irai quelques semaines chez mes parents avec eux (à plus de mille kilomètres de la maison), ils passeront du temps avec leurs grands parents et on pourra continuer notre programme, je peux aussi découper les petites vacances autrement pour les faire coïncider par exemple avec celles de leurs cousins .... je les apprécie après coup puisqu'ils n'ont pas joué dans notre choix.
Les réserves cependant existent, ces points m'ont été le plus souvent opposés quand j'en discutais avec des amies, mamans adoptives ou "de ventre", et il ne s'agit pas du tout de difficultés illusoires : le pétage de plomb de la Maman-Répétitrice qui a aussi absolument besoin de temps sans ses enfants, le manque d'ouverture, de rencontre pour les enfants (même si les modèles de socialisation que propose l'école sont plus qu'imparfaits) 

Je tiens à préciser que mon caractère ne me met pas du tout à l'abri du "pétage de plomb" et je ressens intensément le besoin de temps sans mes enfants chéris que j'adore !!!
Voici comment je fais face à ce problême en même temps qu'à celui de la socialisation, ce sont plein de petits trucs qui aident, ça n'évite pas les crises, mais permet de les gérer :


- Une fois par mois, nous rejoignons un groupe d'enfants scolarisés à la maison, pour un travail en commun, un approfondissement d'une notion.
- J'ai une amie qui fait aussi l'école à la maison dont l'expérience et le recul (5 enfants scolarisés à la maison du CE1 à la 4ème, depuis ~5 ans)sont une source de conseils très précieux.
- J'exige 1/2 heure de tranquillité (pour mon courrier, lecture, mini-sieste.... selon les jours) après le déjeuner et après la fin de la classe de l'après-midi.
- La classe avec 2 enfants ne prend que 3 à 4 heures par jour, le reste du temps pour jouer, se promener, faire d'autres choses, et le soir pas de leçons et ni de devoirs, juste la fierté de montrer à Papa ce qu'ils ont appris...
- Ils sont moins fatigués que les autres enfants et donc moins "pénibles" (la collectivité est fatigante à mon avis)
- Ils ont plusieurs activités "extrascolaires" où ils ont amplement l'occasion de faire toutes sortes de rencontres sans la confrontation de compétences scolaires, sans comparaison sur les fringues... sans devoir choisir une bande...etc;
- Piscine, équitation, louvetisme, catéchisme, invitation des copains... sont non seulement des occasions de rencontrer les autres, mais pour moi celle de "souffler" et de respirer un autre air qu'eux
- Je suis un cours par correspondance, une institutrice corrige les devoirs que j'envoie chaque semaine. En principe je n'ai pas à sanctionner moi-même le travail bien ou mal fait.
- Je peux appeler cette instit dès que je sens poindre une difficulté, on discute, elle m'écoute et me conseille, je ne me sens pas isolée.
- Curieusement, mon mari se sent plus concerné par la scolarité des enfants que quand (pour les aînés) elle se déroulait à l'extérieur.
- Pendant les vacances scolaires (mon mari, lui n'a que 5 semaines de CP !)Tilou
 et Tchatchi vont au Centre de Loisirs : nouvelles rencontres... et pour moi des journées entières sans mes chers petits monstres !
J'ai même fait quelques journées de remplacement auprès de mes chères personnes âgées dans la Maison de Retraite dont je viens de démissionner pour rester avec mes petits, pendant les dernières vacances scolaires

Je ne dis pas que c'est facile, mais quand je vois mes enfants s'épanouir, je suis récompensée et encouragée à poursuivre. Je vous assure que je n'ai pas de compétences particulières, je suis juste motivée et encouragée par les résultats.
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