Question vocabulaire, ce n'est pas toujours évident, quand on passe les premières semaines avec ses enfants qui ne parlent qu'amharique et qu'on essaie de leur apprendre notre langue. Le français peut avoir une dizaine de mots différents pour désigner la même chose.
J'ai eu du mal à faire comprendre à mon mari et à mes aînés qu'ils devaient veiller à toujours employer (par exemple) le mot "cabinet" pour dire les WC. Ca n'a l'air de rien mais si quelqu'un leur proposait étourdiment d'aller "aux toilettes" il y avait maldonne : ils fonçaient à la salle de bains brosser les dents et laver la figure c-à-d faire "la toilette" !!! Bon, nous avons appris le mot éthiopien pour dire "pipi-room", phonétiquement c'est très joli, et ... çà nous fait un mot de plus pour le dire !
D'autre part selon la langue d'origine, il se peut qu'ils ne distinguent pas bien certains sons :  Thomas et Joseph n'entendaient pas la différence entre "o" et "on" alors si je leur demandais de prendre leurs manteaux,
ils me regardaient bizarrement en se tenant le menton, se demandant si Maman voulait vraiment jouer à "je te tiens... par la barbichette" !

Très rapidement pourtant, ces difficultés ont été surmontées par la formidable envie de vivre ensemble que nous avions tous les 6. Et avec une bonne dose d'humour dont mes petits chenapans ne manquent pas, nous avons rapidement eu droit à de très drôles jeux de mots. Nos enfants n'ont effectivement pas choisi ce qui leur arrive, mais ils peuvent quand même, avec une bonne préparation préalable, quand ils sont grands, s'ils ont eu la chance de connaître leurs parents et d'avoir pendant plusieurs années développé une relation d'attachement avec leur maman, adhérer à cet avenir qui leur est proposé, choisir de l'accepter et de faire confiance. Pour ma part, j'ai été bouleversée par la confiance que nos fils nous ont montrée très rapidement.

 

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