mon-ecole-fevrier-2007-_1_.jpgJe crois depuis longtemps que c'est l'école, le "système" qui est inadapté ; 
Je vais être très longue pour vous témoigner de notre "vécu" de parents sur la scolarité de nos enfants.
Nos aînés (enfants "biologiques = faits maison", aujourd'hui 18 et 17 ans), n'ont pas eu de deuils ou d'abandons à vivre, pas d'orphelinats, pas d'interruption de scolarité, pas d'obligation de changer de culture, de langue, d'écriture et pourtant...
Ma Petite Poulette qui était parfaitement ambidextre et est devenue grace à son instit de CP, droitière contrariée (eh oui ça existe !) et gauchère auditive alors qu'elle avait un "fonctionnement" plutôt visuel au départ ; ses instits disaient qu'elle était trop lente et limitée et qu'il faudrait sûrement l'orienter en filière professionnelle dès la 5ème. Aujourd'hui elle est bachelière ! (OK, elle "rame" pour la mémorisation et la prise de notes), après des années de psy, stages de Gestion mentale, session Tomatis qui nous ont demandé un très gros investissement en énergie, temps, encouragements sans cesse renouvelés. Parce que nous savions au fond de nous, malgré tout ce qu'on a entendu à l'école, que c'est une gosse pleine de ressources et avec en plus une ambition plutôt intellectuelle depuis longtemps : elle veut devenir magistrat.
Notre Petit Lion, a emm... ses instits dès la maternelle. Il a été expédié en pédopsy en moyenne section avec convoc des parents devant le conseil d'école. Nous étions terrorisés par cet entretien au cours duquel nous avons appris que notre fils était inadapté parce qu'il ne répondait pas aux questions de la manière attendue. En effet à la question "de quel côté se lève le soleil ?"  il a protesté en répliquant que "le soleil ne se lève jamais et qu'il ne se couche jamais non plus parce que quand c'est la nuit chez nous le soleil brille sur un autre pays, parce que la Terre tourne autour de lui" ;  La réponse attendue était "à gauche de la cour de récréation", alors forcément la maitresse a été très perturbée par cette réponse inattendue. Il a eu problême sur problême pendant tout le primaire, une instit m'a carrément dit que mon fils n'avait pas sa place dans une école mais qu'il fallait l'envoyer dans un institut spécialisé pour "ce genre d'enfant" un seul en France, à 800 km de la maison. Une sorte de ghetto dans lequel on transforme les enfants "précoces" en chiens savants et, là pour le coup, totalement inadaptés socialement et affectivement. Tilion passe maintenant en première S, après 2 Seconde, qu'il lui a fallu redoubler alors qu'il s'y faisait déjà suer la première année, manque de bol, le conseil de classe, la commission d'appel et le recours ont eu lieu pendant que nous étions en Ethiopie pour chercher les loupiots.
Avec ça, partout, la même difficulté à discuter avec les enseignants, effrayés que je me mèle de leur travail, évitant de nommer les problêmes, quelque fois me traitant comme une gourde qui ne pouvait rien comprendre à leur méthode de travail, me conseillant de "laisser du temps au temps". On aurait dit que nous n'avions pas le même intérêt : le progrès et la réussite des enfants (et non celle de la méthode) Ce n'est pas une question de lieu : nous avons connu 7 écoles différentes avec nos ainés,  pour cause de déménagements professionnels.
Nous en avons conclu que l'école est parfaite pour les enfants "formatés" par la petite boîte à images, nourris à la StarAc et instruits par "Hélène et les garcons" (à l'époque) et qu'elle ne pouvait supporter les enfants qui ne rentrent pas dans le moule. Je n'ai découvert que beaucoup plus tard une autre solution et c'est celle que nous avons choisi pour Petit Loup et Petit Poussin arrivés en juin 2005 à 6ans 1/2 et 5 ans. Je veux parler de l'école à la maison.
Tilou a eu une année de scolarité en Ethiopie il y a 2 ans environ, avant la mort de leurs parents. Tchatchi quelques semaines seulement. L'amharique s'écrit dans un alphabet d'environ 75 lettres, parfois de droite à gauche ; le calendrier éthiopien fait commencer l'année à notre mi-septembre (la date d'aujourrd'hui est le 06/05/1998) ; l'heure éthiopienne commence à 6 heures, nous disons chez nous 20H20 et en Ethiopie c'est 2H20 du soir. Le gouter chez nous c'est le "4heures" en Ethiopie c'est le "10 heures" !
Je n'ose pas imaginer pour quelle espèce d'attardés la maîtresse aurait pris mes fils !
En plus, il était exclu de séparer Tilou etTchatchi, ils se sécurisent mutuellement lorsque je ne suis pas près d'eux. Or Tchatchi devant entrer en Maternelle et Tilou au Primaire, nous aurions eu beaucoup de mal à obtenir qu'ils soient réunis.
Je leur ai fait donc cours 3  heures par jour (avec le support d'un cours par correspondance), à leur rythme, pause chaque fois qu'ils en ont besoin, le reste de la journée étant occupé par des jeux, chants, "délires", ballades, calins, discussions, activités diverses de la maison, tout ce que les ainés ont eu à petite doses depuis leur naissance et qu'ils ont, eux, à apprivoiser en quelques mois. Ils s'amusent comme des fous et ont plein de copains que nous voyons le mercredi et le week-end. Ils sont bien dans leurs baskets et pleins d'assurance.
Ils progressent bien et Tilou est même étonnant, il "avale" les connaissances, avec des moments où nous arrêtons tout pour parler de tous ses souvenirs, de ses rêves, chagrins, questions métaphysiques et spirituelles,  quand il le demande, nous avons réalisé la totalité du programme du CP en 7 mois et il est passé au CE1 depuis la mi-mai. Tchatchi avança son petit bonhomme de chemin en grande section de maternelle, fait le bébé un jour qu'il passe dans mes bras et des pas de géant le lendemain, il est passé au CP depuis début avril.
Autre avantage annexe : ils n'attrappent pas tous les virus qui passent et n'ont pas eu le moindre rhume ni la plus petite gastro depuis septembre 2005.
Je me demandais si je tiendrais le choc, mais même crevée le soir, je suis certaine de leur donner ce dont ils ont besoin. Comme la CAF cesse de verser le complément libre choix d'activité en décembre 2006, nos revenus vont un  prendre un coup, ma directrice ne sera pas contente ; tant pis,  elle ne veut pas m'accorder un mi-temps : je démissionne de mon poste pour pouvoir prendre des missions de remplacements durant une partie des congés scolaires.
Je ne suis pas folle : je fais ce que je pense être le meilleur choix pour mes enfants.
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